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17th of November 2018

High-Tech



TikTok, l'appli star des préados

Début 2018, avec plus de 500 millions d'utilisateurs mensuels, l'application était plus téléchargée que Facebook et Youtube.

Un petit clic sur l'écran et l'on tombe sur une jeune Française qui danse et chante en playback sur une musique électro. Un mouvement de pouce sur notre écran tactile et une jeune Allemande se lance dans un petit sketch à l'aide d'un filtre amusant qui lui déforme le visage. On "swipe" encore, et une cosplayeuse américaine dévoile ses costumes créés à l'effigie de ses personnages fictifs préférés.  

Lorsqu'on ouvre TikTok, réseau social lancé en Chine il y a deux ans et récemment fusionné avec Musical.ly, on est immédiatement immergé dans un flux de vidéos verticales, essentiellement postées par des adolescents. Mais contrairement au narcissisme d'Instagram ou l'étrangeté folle de Snapchat, TikTok veut miser sur tout autre chose : la créativité décomplexée et perfectionniste de ses utilisateurs. 

Inconnu au bataillon des plus de 18 ans

Depuis le rachat de Musical.ly et leur fusion cet été, cette application permet à chacun de se filmer, d'ajouter de la musique, d'utiliser des effets de montages ou des filtres amusants, et de partager le tout avec sa communauté. Et TikTok est un raz-de-marée : début 2018, elle était plus téléchargée que Facebook ou Youtube, et compte aujourd'hui plus de 500 millions d'utilisateurs mensuels, majoritairement de très jeunes adolescentes.  

En France, selon de récentes données récoltées par l'association Génération numérique, spécialisée dans les usages des adolescents sur Internet, TikTok compte 2,5 millions d'utilisateurs et se classe en troisième place des applications les plus utilisées chez les 11-12 ans. Lili, petite Marseillaise de 11 ans, est déjà une fervente utilisatrice. "Parfois j'invente, et parfois tout le monde fait la même chose sur la même musique, donc je le fais aussi", raconte-t-elle.  

L'appli compte son lot de stars mondiales, transfuges de l'ère Musical.ly. Il y a les jumelles allemandes Lisa et Lena (31,5 millions de "fans"), qui dominent le secteur, puis pas mal d'Américains comme Loren Gray et Baby Ariel (29 millions chacune) ou Kristen Hancher (21 millions). Avec plus de 7,4 millions d'abonnés, Léa Elui est la vedette française du réseau social. Ses vidéos de danses et de play-back incarnent parfaitement l'esprit originel de Musical.ly, qui perdure aujourd'hui sur TikTok.  

Bien plus que de la danse et du lipsync

Si TikTok garde un héritage musical fort à cause de son aînée, elle mise en effet de plus en plus sur des contenus plus humoristiques et visuels. "Je partais du principe que je n'avais aucun talent, confie Hector Dnl, 17 ans, 318 000 abonnés. Et puis je me suis dit que je pouvais rigoler avec ce que je ne savais pas faire. Alors j'ai commencé à enregistrer des 'comedy'." L'un de ses formats consiste à parodier les challenges, ces défis quasi-quotidiens lancés par des utilisateurs et que leurs abonnés doivent reproduire ou réinventer. Ces derniers jours, on a pu suivre le #LevitateChallenge (où il faut donner l'impression de léviter) ou le #Hideandseekchallenge (se cacher et disparaître dans un placard).  

Si ce genre de défis entraîne beaucoup de reproductions identiques, ils encouragent aussi les utilisateurs à imaginer des mises en scènes nouvelles, à valoriser leurs talents pour se distinguer. C'est le cas d'Enzo Pebre, 17 ans, 400 000 abonnés : "Je fais du cirque depuis tout petit, du coup j'ai commencé à faire des vidéos où je fais du sport, des acrobaties, de la contorsion. Sur TikTok, t'es libre de faire ce que tu veux."  

Cyril di Palma est délégué général de Génération numérique. Selon lui, TikTok "a bien un côté créatif majeur, voire artistique. C'est ce qui plaît aux ados car leurs modèles sont souvent issus du monde de la musique ou cinéma. Et il n'y a rien de mieux pour une enfant que de se mettre dans les pas d'une personnalité célèbre."  

Et pour cela, il n'est pas toujours nécessaire de se mettre en scène soi-même. "J'essaye de faire de l'humour en écrivant des petits scénarios, raconte Jade, 13 ans, 100 000 abonnés sur son compte Jewellechien. Je monte des petits sketchs pour mon chien Jewel." Dernièrement, l'animal voyageait dans le temps et le cyberespace grâce à une baguette magique, rejouait un sketch de Samantha Oups ou tentait de résoudre l'équation 2+2, tout cela à grand renfort de montages et d'effets visuels. 

Vertige technologique

Tenter de faire sa première vidéo TikTok, c'est éprouver un vertige technologique, et ce même si l'on est familier des stories Snapchat ou Instagram. L'application chinoise propose des dizaines de filtres, d'options de tournage (ralenti, accélération, retardateur, flash, avec ou sans musique) dont se servent les utilisateurs pour se distinguer le plus possible du simple plan "selfie". Sur TikTok, la caméra virevolte, se retourne, se tord, au rythme des cuts et des derniers morceaux à la mode. "Je peux mettre des effets, des zooms aussi, des couleurs différentes, explique Jade. Des fois j'utilise aussi une autre application, Funimate, où il y a plus d'effets disponibles. Je fais la vidéo là-dessus, et ensuite je la mets sur TikTok."  

Parfois, la création et le montage des vidéos prend des dimensions plus professionnelles. Hector Dnl, par exemple, utilise une caméra plutôt qu'un téléphone. "Je monte ensuite sur Final Cut Pro, j'essaye de dynamiser le tout parce que mes vidéos font environ cinquante secondes, ce qui est long sur TikTok." L'objectif : se distinguer à tout prix du flux ininterrompu de vidéos, et des applications plus mainstream. "TikTok donne le sentiment à ses utilisateurs d'être des initiés, techniquement plus compétents, plus pointus", estime Cyril di Palma, de Génération numérique. Ils aiment cultiver l'idée que leurs challenges, leur humour visuel et gestuel leur appartiennent, qu'un "non initié" ne pourrait pas les comprendre. 

Mais que se passera-t-il quand TikTok, qui a bombardé les réseaux sociaux de publicités, atteindra son pic d'utilisateurs et perdra cette fameuse identité "de niche" ? Gagnera-t-il le même statut qu'un Facebook ou un Twitter ? Ou connaîtra-t-elle le même destin tragique que le regretté Vine ?  

Les questions sur les dérives de l'application restent aussi les mêmes : risque de sexualisation des jeunes filles et commentaires régulièrement méchants. "On veut qu'elle fasse attention à ce qu'elle met en public, explique Ben, le père de Lili. Evidemment il ne faut pas en abuser, et on surveille ce qu'elle fait." Mais il n'oublie pas la force de TikTok : "Il y a un côté assez créatif, un peu Actors Studio." Lili confirme : "Ça fait longtemps que je fais du théâtre, et j'ai fait de la danse avant. Sur Instagram on ne poste que des photos, alors que sur TikTok je peux danser comme je veux, et c'est cool." 

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