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16th of October 2018

Politique



Remaniement : quand Matignon et l’Elysée se jaugent

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Edouard Philippe, premier ministre et ministre de l’intérieur par intérim, à Lyon, le 8 octobre. Edouard Philippe, premier ministre et ministre de l’intérieur par intérim, à Lyon, le 8 octobre. JEFF PACHOUD / AFP

Le convoi aux vitres teintées s’avance vers le portail de l’Elysée, sous l’objectif des caméras. Edouard Philippe a rendez-vous, ce mardi 9 octobre au matin, avec Emmanuel Macron. L’acte final des tractations semble débuter, les chaînes d’info sont passées au direct et n’attendent plus que la fumée blanche : le nouveau gouvernement doit être très vite dévoilé.

« Tenez-vous en alerte », prévient d’ailleurs un conseiller du chef de l’Etat. Une heure et demie plus tard, le premier ministre déploie ses longs compas sur le perron et quitte le palais. Les deux hommes n’ont pas réussi à se mettre d’accord. Le remaniement est repoussé, la machine s’est grippée.

Pour la première fois du quinquennat, l’Elysée et Matignon se sont crispés sur des positions différentes. Depuis la démission de Gérard Collomb du ministère de l’intérieur, le 2 octobre, les amis d’Edouard Philippe, ceux qui gravitent autour de Matignon, louent le sérieux et la fiabilité de leur leader. Les crises à répétition, l’affaire Benalla, les démissions en cascade, soulignent-ils, trouvent leur source de l’autre côté de la Seine, à l’Elysée.

La droite juppéiste essaie de profiter du moment pour améliorer ses positions en Macronie. L’ancien protégé du maire de Bordeaux, qui n’a jamais adhéré à La République en marche (LRM), apparaît en position de force. D’autant qu’il n’a jamais été pris en flagrant délit de déloyauté à l’égard de ce président qui l’a installé à Matignon.

La Macronie historique, elle, s’étrangle. Pas question qu’Edouard Philippe profite de cette nouvelle crise pour placer les siens à des postes stratégiques, notamment au ministère de l’intérieur. La « une » du Journal du dimanche, le 7 octobre, sur « les coulisses du remaniement », a eu l’effet d’un détonateur. L’hebdomadaire assure en effet que Jean Castex, l’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée sous Nicolas Sarkozy, est « le favori » pour la Place Beauvau. Et sur la page d’à côté, un long article décrit « la revanche d’Edouard Philippe ». La garde rapprochée du chef de l’Etat s’émeut. Aussitôt, elle active ses réseaux, et alerte l’Elysée.

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