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14th of November 2018

Politique



Macron à la reconquête des élus locaux

Le salon d’honneur de la mairie de Verdun est baigné de lumière. Autour de la table, en ce mardi midi, Emmanuel Macron, des parlementaires et maires, le préfet, des conseillers élyséens. Du vin de Meuse, « un blanc banal, un rouge convenable », selon un participant, accompagne un menu « type concours de lycée hôtelier ». Les élèves qui le servent ont le trac. « On déjeune rapidement. Le président n’est pas quelqu’un qui reste à table », confie le sénateur LR Gérard Longuet. La conversation, elle, dure. A Charleville-Mézières, « on regarde à peine ce qu’il y a dans l’assiette, on écoute ce qui se dit », raconte le député LR, Jean-Luc Warsmann, ravi d’avoir eu mercredi « deux heures avec le président pour parler des Ardennes ».

Ces cocktails, déjeuners ou dîners « républicains », le chef de l’Etat les enchaîne. Son « itinérance » est aussi l’occasion de bichonner des élus locaux fâchés. « Sa victoire était tellement importante, que l’on a été un peu maltraités, oubliés », observe le maire PS de Metz, Dominique Gros, croisé à Morhange. L’hiver dernier, Xavier Bertrand, qui a accueilli Macron dans sa région ce mercredi, ne s’inquiétait-il pas d’« une forme de césarisme démocratique » ?

«Une priorité absolue»

« Dans les quinze premiers mois, il y a eu des transformations rapides, peut-être que les élus locaux n’ont parfois pas été suffisamment associés », concède Sébastien Lecornu, ministre chargé des collectivités territoriales, présent pour épauler Macron dans son opération reconquête. Comme Stéphane Travert, ex-ministre de l’Agriculture, là aussi à la demande du président, afin « de tisser un lien avec les élus » pour le compte de LREM. Et préparer la création, au nom du parti, « de maisons des élus et des territoires ».

Ces derniers aussi vident leur sac. Ils tentent de faire avancer leurs dossiers, évoquent leur relation avec l’exécutif, font remonter les difficultés (la sécheresse ou, bien sûr, le prix du carburant). Macron, lui, prend des notes. « Une habitude de conseiller technique », glisse Gérard Longuet. Lundi, le maire LR de Pont-à-Mousson, Henry Lemoine, sort toutefois de déjeuner avec le sentiment que « le président ne connaît pas bien les problématiques des élus locaux ».

Renouer avec eux, l’Elysée en fait « une priorité absolue ». Un changement de pied. L’Elysée dépeint un président « conscient de la nécessité d’embarquer les collectivités territoriales ». Comme s’il cherchait du renfort à l’épreuve des difficultés.

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A la veille d’échéances électorales - européennes et municipales - cruciales, LREM a besoin d’alliés. Le président cherche aussi à défendre sa politique, contestée à chaque coin des villes qu’il parcourt, tous azimuts. Or, note Travert, « les maires sont des relais indispensables auprès de la population ».

Surtout, le président compte sur eux pour mettre sa politique en œuvre. « Les territoires ont besoin de l’Etat pour s’en sortir. Et pour transformer le pays, l’Etat a besoin des collectivités territoriales », résume Lecornu. Le message a été martelé mercredi, à l’issue du Conseil des ministres délocalisé à Charleville-Mézières. Il y a urgence à obtenir des résultats. Emmanuel Macron, qui ne peut croiser d’habitants de l’Est et du Nord sans essuyer une litanie de reproches (principalement sur le pouvoir d’achat), ne le sait que trop.

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