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18th of January 2018

Politique



Thierry Mandon, ex-ministre devenu patron de presse : «Je m'appartiens à nouveau»

L'ancien secrétaire d'Etat à la Recherche et à l'Enseignement supérieur a pris la direction générale de Rollin Publications,qui englobe les trois titres de presse « XXI », « 6Mois »… et maintenant « Ebdo », à paraître tous les vendredis.

Il n'y a pas d'âge pour concrétiser un vieux rêve. Celui de Thierry Mandon, 60 ans, avait pris forme au milieu des années 1980 sur les bancs de Sciences-po lors d'une discussion avec son copain d'amphi, Thierry Beccaria : créer un journal. La pièce jetée en l'air par les deux étudiants retombe ce vendredi matin, sous la forme d'« Ebdo », un magazine de 100 pages « utiles et sans pub », précise avec une pointe de fierté l'ancien secrétaire d'Etat à la Recherche et à l'Enseignement supérieur.

#Ebdo.Le jour J. Chez tous les marchands de journaux.100 pages d enquêtes, de reportages,d actu, de sciences, de loisirs,de photos,deBD, de vie tt simplement.Grand journal, petit format,petit prix 3,5€.Sans pub et chaleureux.#independant#inspirant#participatif#unamidepapier pic.twitter.com/NV7yJWIJ5q

— Thierry Mandon (@mandonthierry) 12 janvier 2018

Le rêve n'aurait été qu'à moitié accompli si son vieux compère, fondateur des Editions les Arènes, n'avait pas été de l'aventure. Après avoir quitté son ministère, Mandon prend la direction générale de Rollin Publications, qui englobe les trois titres de presse lancés par Beccaria et le journaliste Patrick de Saint-Exupéry : le trimestriel « XXI », « 6 Mois »... et donc « Ebdo », leur petit dernier, qui paraîtra tous les vendredis.

Course à pied, lecture...

Les trois rédactions se partagent des locaux nichés dans une rue étroite de Saint-Germain-des-Prés. C'est ici que « la Comédie humaine » de Balzac a été imprimée. « Belle adresse non ? » sourit l'ancien plus jeune député de France (en 1988) en désignant la plaque sur la façade de l'immeuble.

Revenu à l'intérieur, il s'affaire au milieu d'une troupe de journalistes, d'informaticiens, de commerciaux, de maquettistes... qui bourdonnent dans la ruche lumineuse. « C'est vivant, agréable. Ici, on fait et ça suit, sur un mode délégatif. On est loin des rapports hyper hierarchisés que j'ai connus dans mes précédentes fonctions. Se battre contre les hauts fonctionnaires toute la journée, j'ai donné... » soupire l'ex-ministre à la Réforme de l'Etat (2014-2015), « heureux » de ce retour à la vie civile.

En costume marron et col roulé blanc, il a remisé sa cravate de ministre et l'agenda qui allait avec. « Mes journées sont toujours très denses, mais ce qui change le plus, c'est que je m'appartiens à nouveau : dans une vie de ministre, il y a beaucoup de protocole, de visites... et de langage prudent. » L'ancien coureur de steeple a même retrouvé le temps de remettre les baskets, « trois à quatre fois par semaine ». Il a aussi repris le temps de lire, et d'être plus « disponible ». « Non, corrige-t-il aussitôt : plus curieux, moins coupé du corps vivant de la société. »

«La société doit être tirée par les élites éclairées»

C'est justement l'ambition d'« Ebdo » : « Sortir de la lessiveuse, de la vitesse, de la surinformation, et inviter les lecteurs à un peu de recul », explique-t-il, en détaillant ce projet éditorial : « Comprendre le monde, être bien dans ses baskets, avoir du temps pour soi mais aussi pour être utile et s'engager. » Dans la vie politique par exemple ? Après quatre décennies au PS, où il a gardé de bons amis (Cazeneuve, Fekl...), il n'est « plus très sûr » d'avoir renouvelé sa carte. « On aurait dû acter son décès juste après la présidentielle pour qu'il reparte autrement. »

Y reviendra-t-il, lui qui a déjà fait plusieurs fois l'aller-retour entre privé et public ? Etudiant, il avait monté une boîte d'événementiels, baptisée Gag à gogo. Et entre ses mandats de maire (de Ris-Orangis) ou de député de l'Essonne, il avait travaillé dans un cabinet de ressources humaines, puis chez Darty. Cette fois, il a eu le temps d'anticiper.

« La défaite n'a pas été une surprise, euphémise-t-il. J'avais envie de passer à autre chose. » Il confirme — sans préciser — qu'Emmanuel Macron lui a proposé « quelque chose », mais non, cet ex-compagnon d'armes de Montebourg n'adhère pas. « Il se trompe. Pour moi, l'Etat ne doit plus être piloté par le haut. A ses yeux, la société doit être tirée par les élites éclairées, patronales ou fonctionnaires. Mon désaccord, il est ici, dans l'essence même de ce journal. »

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