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14th of November 2018

Économie



Fiscalité écologique : « Le risque est qu’une partie de nos concitoyens se détourne de l’action climatique »

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Tribune. Il y a quelques semaines, plusieurs marches pour le climat ont été organisées. Une manifestation est de son côté en préparation le 17 novembre pour appeler à diminuer la taxation du prix de l’essence. Cette contradiction révèle au grand jour une véritable fracture climatique, entre ceux qui considèrent que la lutte contre le changement climatique doit devenir une priorité absolue, et ceux qui estiment que ce n’est pas à eux de payer. Cette fracture, à forte dimension territoriale et sociale, est un enjeu majeur, notamment parce qu’elle freine une mobilisation efficace contre le changement climatique. Son existence n’est pourtant pas fatale, mais il faut pour la réduire que l’action se fonde sur une vision claire des enjeux et des outils utilisables et sur des explications précises et objectives.

Pour les ménages, le vrai « signal prix » n’est pas le niveau du prix du carbone, mais celui du prix global de l’essence, du diesel ou du gaz

Donner un prix du carbone, que ce soit par une taxation ou un prix de marché, est un instrument indispensable et efficace, des exemples comme la Suède le démontrent. Son niveau moyen en France, 18 euros en 2015 selon l’OCDE, nous place certes devant de nombreux pays, mais reste en-deçà de ce qui est nécessaire. Aller plus loin n’est pas seulement un devoir envers le climat, c’est notre intérêt : toute avance prise dans ce domaine est un avantage majeur dans la compétition internationale, et évite d’avoir à s’adapter de manière bien plus coûteuse à l’avenir. Le gouvernement a donc raison de rester déterminé, ce qui tranche avec la pusillanimité de ces prédécesseurs sur ce sujet.

Lire aussi Prix du carburant : la France n’est pas championne d’Europe des taxes

Trois aspects ont cependant été sous-estimés dans cette stratégie. Le carbone n’est d’abord pas un bien comme un autre. Les deux produits – ressources fossiles et carbone – sont de fait liés, et sont vendus ensemble avec un prix unique. Pour les ménages, le vrai « signal prix » n’est pas le niveau du prix du carbone, mais celui du prix global de l’essence, du diesel ou du gaz. En toute logique, ce constat devrait conduire à fixer sur le moyen terme une trajectoire d’augmentation régulière des prix des énergies toutes taxes comprises, afin notamment d’éviter qu’un bas prix du baril décourage la réduction des émissions de carbone. Il serait ainsi normal et souhaitable que le rythme d’augmentation de la taxe carbone prenne en compte chaque année celui des hydrocarbures, avec une forte augmentation quand il est bas, et une moindre quand il est haut.

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