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19th of July 2018

International



Au sommet de l'Otan, Trump tire à boulets rouges sur ses «amis» européens

VIDÉOS - À Bruxelles, le président américain a accusé l'Allemagne d'«enrichir» la Russie en lui achetant du gaz et de ne pas contribuer suffisamment aux efforts militaires de l'Alliance atlantique.

Un sommet glacial. Après l'épisode visiblement inconfortable de la «photo de famille, l'image restera sans doute d'un Donald Trump au visage fermé filant sciemment dans la direction opposée de ses grands alliés de l'Otan pour aller saluer l'orchestre militaire luxembourgeois.

Un triste tableau. Le chef américain de l'Alliance atlantique qui traîne à dix pas derrière les Européens, en compagnie d'un réprouvé, le président truc Recep Tayyip Erdogan. Angela Merkel qui marche en tête, le regard fixe et droit devant. Emmanuel Macron, arrivé en retard, qui feint d'ignorer une tape sur l'épaule, oubliant les récentes embrassades à la Maison-Blanche. À ce moment-là, seule Theresa May finira par se fendre d'un vrai sourire, au nom peut-être de la «relation spéciale».

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À Bruxelles, les responsables de l'Otan avaient tout manigancé depuis des semaines pour éviter un dérapage du président américain, après les éclats publics qui ont torpillé le sommet du G7, le mois dernier à Charlevoix (Québec). Pas de prise de parole à l'arrivée, hormis celle apaisante du secrétaire général Jens Stoltenberg. Pas de téléphone portable, ni même de réseau autour de la grande table ovale du Conseil de l'Atlantique, afin de parer aux tweets ravageurs.

Peine perdue. Donald Trump a choisi d'imposer son agenda à l'ambassade américaine, juste avant le sommet, lors d'un petit-déjeuner où s'est fait piéger Jens Stoltenberg. Cela aurait pu rester comme une autre séance photo. Micros et cameras ouverts, c'est devenu un réquisitoire contre les Européens et surtout l'Allemagne.

«Nous protégeons tous ces pays, et ensuite ils s'en vont signer à Moscou des accords gaziers qui vont remplir les coffres de la Russie. […] Ce n'est pas normal»

Donald Trump

«Nous protégeons l'Allemagne, nous protégeons la France, nous protégeons tous ces pays [européens], et ensuite ils s'en vont signer à Moscou des accords gaziers qui vont remplir les coffres de la Russie. […] Ce n'est pas normal», lâche le chef de la Maison-Blanche en prélude à une longue tirade. C'est à Angela Merkel qu'il réserve ses coups les plus rudes. Il accuse l'Allemagne d'«être totalement contrôlée» par le Kremlin à travers ses importations massives de gaz de Sibérie et de financer, du même coup, la montée en puissance du rival numéro un de l'alliance militaire occidentale.

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Le point de crispation est le gazoduc Nord Stream 2, qui vise à doubler d'ici à 2020 les livraisons directes de gaz en Allemagne à partir de la Russie, via la mer Baltique. Le gaz, contrairement au secteur pétrolier, n'est pas touché par les sanctions que l'UE a décrétées il y a quatre après l'intervention russe dans l'est de l'Ukraine. À sa mise en service prévue fin 2019, ce tube long de 1 225 km doublera la capacité d'un premier gazoduc: 55 milliards de mètres cubes par an, soit la moitié de la consommation allemande.

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La Maison-Blanche ouvre ainsi un troisième front, après avoir accusé la République fédérale de s'abriter à bon compte sous le parapluie du Pentagone et de creuser le colossal déficit commercial américain par la puissance de ses exportations industrielles. Il enfonce aussi un coin entre les Européens, divisés sur une ligne Est-Ouest sur la question du gaz russe. Il cherche peut-être aussi à se dédouaner de toute complicité avec Vladimir Poutine, à cinq jours de leur premier vrai sommet à Helsinki.

«Le gain de sécurité que chacun retire de l'alliance ne se mesure pas qu'en termes comptables»

L'Élysée

Angela Merkel et Emmanuel Macron ont eu dans l'après-midi l'occasion d'apaiser l'irascible président américain et de sauver le sommet lors d'entretiens bilatéraux, sans vraiment convaincre. Donald Trump, qui n'en est pas à un grand écart près, se réjouit des «relations extraordinaires» qu'il entretient avec l'une comme avec l'autre. Mais il réclame aussitôt à ses alliés de porter leur effort militaire à 4 % du PIB, le double d'un l'objectif que l'Otan ne parvient toujours pas à faire appliquer.

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La chancelière, élevée dans ce qui s'appelait la RDA, rappelle que l'Allemagne mène un politique autonome et qu'elle n'a pas de leçon à recevoir sur ses relations avec la Russie. Le président français s'inquiète de divisions qui viendraient affaiblir l'Otan. Pour préserver les apparences, l'Allemande assure que la coopération se poursuivra entre «bons partenaires» à l'Otan. Et en fin d'après-midi, l'Américain et le Français quitteront ensemble le quartier général de l'Alliance, après une poignée de mains qui pouvait ressembler à un bras de fer.

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