Add to favourites
News Local and Global in your language
21st of November 2018

International



À Helsinki, l'ombre de Viktor Orban plane sur le Congrès de la droite européenne

Plusieurs grands dirigeants européens ont tenu à mettre en garde le premier ministre hongrois sur la nécessité de respecter la démocratie, l'État de droit et les libertés. La droite européenne

De notre envoyée spéciale à Helsinki,

«Ce ne sera pas un Congrès sur Orban», assurait il y a quelques jours un membre du PPE. Force est de constater que l'intéressé s'était un peu trop avancé. L'ombre du premier ministre hongrois plane en effet sur le centre des conférences d'Helsinki, où est réunie durant deux jours la droite européenne. C'est à cette occasion que le PPE a désigné l'Allemand Manfred Weber comme spitzenkandidat pour les élections européennes de mai 2019.

Jeudi matin, plusieurs grands dirigeants européens ont tenu à mettre en garde Viktor Orban. Le Polonais Donald Tusk, président du Conseil, ne l'a pas épargné même s'il ne l'a pas cité. «Si vous remplacez la démocratie libérale par un régime autoritaire, vous n'êtes pas chrétien-démocrate», a-t-il insisté. Un peu plus tard, Jean-Claude Juncker a épinglé celui qui, avait-il dit, «n'a pas sa place au sein du PPE». «Il n'y a pas de démocratie sans respect de l'État de droit et liberté de la presse», a-t-il martelé. Dans la foulée, Angela Merkel a veillé aussi à faire passer son message lorsqu'elle a évoqué les valeurs chères à l'Europe, «la démocratie, la liberté d'opinion, la liberté de la recherche». Et d'insister: «Tout cela doit être défendu».

Le PPE a tout fait pour qu'il n'y ait pas d'étincelles autour de Viktor Orban, alors que son cas fait depuis des mois des vagues au sein du parti. En septembre, une majorité d'eurodéputés PPE avaient voté en faveur de l'article 7 qui vise à sanctionner les mises en danger de l'État de droit au sein d'un État membre. Seuls 57 - sur 219 - avaient voté contre, dont trois Français. Un épisode qui avait été vécu comme un camouflet par Viktor Orban.

Le cas Orban est un boulet pour les dirigeants du PPE. Il fallait faire retomber la pression en veillant à ne pas donner l'impression de lâcher face au premier ministre hongrois. Le PPE n'a aucun intérêt à se fâcher ou à exclure un parti - le Fidesz - et sa trentaine d'eurodéputés alors que les élections européennes pourraient être difficiles pour la droite européenne. Interrogé à de nombreuses reprises sur le sujet, Joseph Daul rappelle à intervalles réguliers que pour qu'il y ait exclusion du PPE, il faudrait que sept partis issus de cinq pays en fassent la demande. «Jamais aucun pays n'ira seul. Il faudrait une sorte de coalition», confie un eurodéputé.

Viktor Orban met de l'eau dans son vin

D'où cette résolution soumise au vote des bataillons de délégués présents sur place - plus de 700 - et consacrée à la protection des valeurs européennes et à la sauvegarde de la démocratie. Si le nom de Viktor Orban n'y est pas mentionné, c'est bien lui qui est visé. Mercredi, en fin de journée, la résolution a été mise au vote de manière expéditive. Dans la salle plongée dans la pénombre, plusieurs centaines de mains se sont levées pour la voter. Mais plusieurs centaines de délégués aussi n'ont pas bougé. Pas d'abstention, pas de vote contre non plus. Et pas d'applaudissements une fois l'annonce de la résolution adoptée. Les deux maîtres de cérémonie sont alors passés à la résolution suivante dans l'indifférence générale.

Et jeudi matin, Viktor Orban lui-même y a mis du sien, veillant à ne pas mettre d'huile sur le feu dans le court discours de cinq minutes prononcé devant les centaines de délégués réunis en plénière. Il est revenu aux sources pour mieux convaincre l'assistance. Rappelant que c'est Helmut Kohl qui avait demandé au Fidesz de rejoindre le PPE, le premier ministre hongrois a ajouté que l'ex-chancelier allemand, si cher à la CDU, «était un homme qui voyait dans ce parti une famille et qui savait que dans une famille, on peut être désaccord mais tenir ensemble». Orban a fait profil bas sur les secousses des dernières semaines au sein du parti autour de son cas en choisissant de charger «les socialistes, les libéraux et les Verts» qui «travaillent pour une Europe qui n'a pas de racines et d'identité spirituelle». Emmanuel Macron n'a pas été nommément cité mais il a été ciblé par l'«enfant terrible» du PPE, comme l'appelle le président du parti, Joseph Daul. «Ne croyons jamais ceux qui construisent leurs ambitions personnelles en divisant le PPE avec des accusations socialistes et libérales», a ainsi lancé Orban. Manifestement, le premier ministre hongrois a choisi de mettre de l'eau dans son vin et de ne pas faire de vagues au moment où il est urgent pour le parti de se rassembler.

Read More




Leave A Comment

More News

Liberation - Monde

LE FIGARO - Le Figaro -

Le Parisien - International

A la une – France 24 -

Actu - LIndependant.fr

International : Toute

Disclaimer and Notice:WorldProNews.com is not the owner of these news or any information published on this site.