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17th of November 2018

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«Midterms» 2018 : la «vague bleue» a-t-elle eu lieu ?

INFOGRAPHIES - Donald Trump a revendiqué mercredi une «immense victoire», au lendemain des élections de mi-mandat aux États-Unis. En s'intéressant aux chiffres des précédents scrutins, on constate qu'il a effectivement limité sa défaite en nombre de sièges. La vague bleue a toutefois eu lieu en vote populaire.

Souvent en politique, et tout particulièrement aux États-Unis, il est complexe de désigner vainqueurs et vaincus. À l'issue des élections de mi-mandat qui ont eu lieu mardi aux États-Unis, le président Donald Trump a revendiqué une «immense victoire» lors de laquelle son parti, celui des républicains, a «défié l'histoire». Dans le détail, il a notamment affirmé qu'il s'agit des premières élections de mi-mandat depuis 1962 où le parti au pouvoir gagne des sièges au Sénat. Le président Trump aurait-il donc échappé à la «vague bleue» démocrate que beaucoup prédisaient?

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Sur le papier, oui. Les républicains ont d'abord limité les pertes à la Chambre de représentants, l'équivalent de notre Assemblée nationale. Il est quasi-systématique que le parti du président en place perde des sièges dans cette assemblée lors des premières élections de mi-mandat (plus de détails dans notre encadré en fin d'article) et le scrutin de 2018 ne fait pas exception. Mais le nombre de sièges perdus est loin d'être parmi les plus importants pour des «Midterms» de premier mandat.

Le parti républicain perd ainsi 28 sièges de représentants dans la chambre basse. C'est plus que Bush père et fils, et que Ronald Reagan en 1982, mais globalement moins que nombre de ses prédécesseurs. Fin 2017, le média américain NBC News estimait d'ailleurs à 32 le nombre moyen de sièges perdus à la Chambre des représentants à chaque «Midterms». À ce titre, Donald Trump peut revendiquer une défaite limitée, même s'il n'en est qu'à sa première élection de mi-mandat.

Par ailleurs, à la chambre haute du Congrès, le parti du président revendique au moins deux sièges de plus dans cette assemblée qu'il contrôlait déjà. Une première depuis 1962, comme Trump l'affirme? Pas si l'on prend en compte les sièges obtenus par d'autres formations politiques indépendantes qui ont ensuite intégré la majorité républicaine. Cette nuance n'efface toutefois pas le caractère rare de cette victoire: Donald Trump est le troisième président à gagner des sièges au Sénat lors d'une élection de mi-mandat alors que son parti y avait déjà la majorité, après George W. Bush et John Kennedy.

De bons scores en sièges qui cachent des nuances

Pourtant, dans le détail, reste une ombre au tableau: le «vote populaire». À savoir, l'ensemble des voix comptabilisées par chaque parti. Comme lors de la présidentielle, le jeu des États et de leur poids électoral n'implique pas qu'une victoire dans les suffrages entraîne un nombre de sièges en conséquence. Et c'est bien de ce système emblématique des États-Unis que pâtit, cette année encore, le parti démocrate. Pas tant à la Chambre, où ses candidats ont rassemblé au total 51,2% des suffrages exprimés, et obtiennent un peu plus de la moitié des sièges. Mais au Sénat, dans les États en jeu, 56,9% des électeurs ont voté démocrate contre 41,4% pour les républicains, alors que ces derniers ont gagné 2 sièges supplémentaires.

«La vague bleue est réelle en termes de vote populaire, mais ne se traduit pas en sièges», analyse Soufian Alsabbagh, auteur de La nouvelle droite américaine. Pour ce spécialiste de la politique intérieure aux États-Unis, une raison évidente se trouve dans le redécoupage électoral des circonscriptions. Celui-ci a lieu tous les dix ans et a été mené pour la dernière fois en 2010, «en pleine période de la vague Tea party», rappelle-t-il, en référence au mouvement de protestation conservatrice né pour contester la politique de Barack Obama. «Les circonscriptions actuelles ont donc été redécoupées très largement par les républicains.»

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Pour illustrer son propos, Soufian Alsabbagh rappelle qu'en 2010, l'avance de 7 points des républicains sur les démocrates en termes de suffrages s'est traduite par un gain de 63 sièges. Cette fois, «avec une estimation de 9 points d'avance, les démocrates ne remporteraient que 35 sièges environ», expliquait-il avant les résultats définitifs. Le phénomène s'affirme depuis les derniers scrutins à la faveur des républicains, «mais les démocrates ont aussi joué à ce jeu», rappelle le spécialiste, soulignant que le record de longévité pour une majorité à la Chambre des représentants pour les démocrates, de 1954 à 1994, s'explique aussi en partie pour cette raison.

Une «tendance lourde» malgré tout favorable aux républicains

Outre le redécoupage, rappelons que le Sénat se renouvelle par tiers tous les deux ans. Or, «c'est le tiers le plus républicain qui a été renouvelé cette fois», analyse le spécialiste. Sans compter que les sièges en jeu concernaient majoritairement des élus démocrates, qui avaient remporté plusieurs circonscriptions acquises aux républicains en 2012. «Sur 35 sièges, les démocrates devaient en défendre 24, ils avaient donc plus à perdre.» À ce titre, la marge dont disposent les républicains se révèle particulièrement importante: «L'élection de 2020, en ce qui concerne le Sénat, sera une opportunité pour les démocrates. La carte leur sera cette fois plus favorable et les républicains auront davantage de sièges à défendre», souligne Soufian Alsabbagh.

Toutefois, ces nuances essentielles ne doivent pas masquer la «tendance lourde» qui se dessine, selon le spécialiste: celle d'une victoire durable des républicains. «Ils ont su mettre en place des mesures de long terme qui leur assurent la victoire, comme ce redécoupage électoral, mais aussi le blocage au Sénat de toute réforme des institutions», explicite-t-il.

En parallèle, les démocrates sont confrontés à une crise structurelle. «Dans les années 1960, le parti démocrate était beaucoup plus rural, avec notamment une forte implantation dans le sud du pays. Aujourd'hui, les deux partis sont très polarisés avec des démocrates qui prennent les villes, un électorat plus urbain, plus divers, plus éduqué, et ne sont plus capables de porter un message dans la ruralité. En parallèle, les républicains prennent les campagnes.» Or, avec deux sénateurs élus par États quelle que soit sa population, ce fonctionnement avantage les États ruraux. Une situation «quasiment irrémédiable» à court terme, pour Soufian Alsabbagh, car il s'agit de «relocaliser les scrutins en insistant beaucoup moins sur le national». Le tout face à un Donald Trump qui «a compris que nationaliser la politique est essentiel pour lui» et ne facilitera pas, à ce titre, la tâche des démocrates.

➜ Qui est élu pour quoi aux «Midterms»?

La composition de la Chambre des représentants est renouvelée tous les deux ans. Un scrutin sur deux tombe donc en même temps que l'élection présidentielle, qui permet généralement un gain de sièges pour le parti du président élu. Deux ans plus tard les élections de mi-mandat, ou «Midterms», interviennent. Au Sénat, les sièges sont attribués pour six ans et renouvelés par tiers tous les deux ans. Ces élections constituent un signal important quant au jugement porté sur la politique du nouveau président, deux ans après son arrivée au pouvoir. Et il est quasi-systématique que le parti du président en place perde des sièges dans cette assemblée lors des premières élections de mi-mandat. Depuis la Seconde Guerre mondiale, seul George W. Bush a réussi à remporter à la fois des sièges de représentants et de sénateurs lors de ses premiers «Midterms», en 2002.

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