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19th of July 2018

International



Trump dénonce une Allemagne «totalement contrôlée» par le Kremlin

VIDÉO - Au premier jour du sommet de l'Otan à Bruxelles, le président américain a mené une attaque virulente contre Berlin. Ce à quoi la chancelière allemande a répliqué que l'Allemagne prenait ses décisions de manière «indépendante». Emmanuel Macron a également exprimé son désaccord.

Correspondant à Bruxelles

Donald Trump n'a attendu ni l'arrivée d'Angela Merkel, ni le début du sommet pour régler des comptes avec l'allié central des Etats-Unis dans l'Otan. Dans une attaque virulente, il a accusé l'Allemagne d'être «totalement contrôlée par la Russie» à travers ses importations massives de gaz de Sibérie et de financer ainsi la montée en puissance d'un pays qui reste le rival numéro un de l'alliance militaire occidentale.

La République fédérale est «prisonnière» du Kremlin parce qu'elle achète «une grande partie» de l'énergie produite en Russie, a estimé le président américain, mercredi, lors d'un petit déjeuner avec Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'Otan. «Nous Américains devons défendre l'Allemagne de la Russie, tandis que la première paie des milliards à la seconde et l'aide ainsi à s'enrichir (...) Ce n'est pas normal!» Donald Trump devrait rencontrer Angela Merkel en marge du sommet.

La réplique de la chancelière allemande ne s'est pas fait attendre. «Nous pouvons mener nos propres politiques, nous pouvons prendre des décisions indépendantes», a-t-elle affirmé, sans citer directement Donald Trump, à son arrivée à un sommet. «L'Allemagne fait aussi beaucoup pour l'Otan. Nous sommes le deuxième plus grand fournisseur de troupes, nous mettons la plupart de nos capacités militaires au service de l'Otan», a-t-elle insisté.

Emmanuel Macron a également réagi à ces propos. Dans l'après-midi, lors d'une rencontre entre Donald Trump, le président français a indiqué être en désaccord avec cette affirmation.

La diatribe du président américain, lancée en prélude au sommet des 29 pays de l'Otan, menaçait ainsi de donner le ton de la journée. A la stupeur du secrétaire général Stoltenberg, le chef de la Maison-Blanche a réussi à focaliser micros et caméras en transformant en réquisitoire antiallemand ce qui ne devait être qu'une séance de photo autour d'un café-croissants. Il enfonce aussi un coin entre les Européens, divisés sur une ligne Est-Ouest sur la question du gaz russe. Il cherche enfin à se disculper d'une trop grande complicité avec Vladimir Poutine, à cinq jours d'un tête-à-tête à Helsinki.

Merkel, le bouc-émissaire parfait

Aux yeux de Donald Trump, la chancelière Merkel est le parfait bouc-émissaire du sommet. L'Allemagne continue de bénéficier à bon compte du parapluie américain, tandis que ses exportations contribuent largement à creuser un déficit commercial qui dépasse les 100 milliards de dollars avec l'Union européenne. Avant même l'ouverture du sommet, le président ajoute un troisième grief: une dépendance énergétique qu'il juge coupable vis-à-vis du Kremlin.

L'enjeu immédiat est le gazoduc Nord Stream 2 qui vise à doubler d'ici à 2020 les livraisons directes de gaz en Allemagne à partir de la Russie, via la mer Baltique. Le gaz, contrairement au secteur pétrolier, n'est pas touché par les sanctions que l'UE a décrétées il y a quatre après l'intervention russe dans l'est de l'Ukraine. A sa mise en service prévue fin 2019, ce tube long de 1.225 km doublera la capacité d'un premier gazoduc mis en service en 2012: 55 milliards de m3 par an, soit la moitié de la consommation allemande.

L'investissement, évalué à quelque 10 milliards d'euros, répond au besoin des Allemands et des Européens: la production gaz de la Norvège, des Pays-Bas et du Royaume-Uni décroît rapidement alors qu'à leurs portes, la Russie dispose des plus grandes réserves mondiales. Chantier privé quoi que très politique, il rassemble les firmes énergétiques allemandes Uniper et Wintershall, l'autrichien OMV, l'anglo-néerlandais Shell et le français Engie.

Nord Stream 2 est ouvertement décrié par les voisins européens de la Russie, qui s'inquiètent d'une dangereuse dépendance, peut-être nuisible pour leur sécurité. Donald Trump a reçu l'appui immédiat du président polonais Andrzej Duda. A son arrivée à Bruxelles, ce dernier a assuré que la diversification des approvisionnements doit devenir la priorité de l'UE.

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