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15th of October 2018

International



Aux Maldives, le président battu ne veut pas lâcher le pouvoir

Le président des Maldives défait Abdulla Yameen, le 24 septembre. Le président des Maldives défait Abdulla Yameen, le 24 septembre. Photo AFP La Cour suprême a accepté d'étudier le recours déposé par Abdulla Yameen, battu dans les urnes le 23 septembre après cinq ans de pouvoir autoritaire.

Il affirme que son parti «a été submergé» par «de graves allégations de fraude électorale et de corruption». Jeudi, la Cour suprême des Maldives a accepté d'étudier la requête d'Abdulla Yameen, le président renversé démocratiquement le 23 septembre, qui accuse la commission électorale d’avoir manipulé les résultats. Ce jour-là, l’opposition l’avait emporté très largement avec 38 000 voix d’avance. Un score sans appel de 58% dans ce pays d’environ 430 000 habitants. Et une surprise tant Yameen avait, durant ses cinq années au pouvoir, manipulé la vie politique et muselé la société civile et les médias, n’hésitant pas à faire arrêter tous ceux qui lui résistaient : anciens présidents, chefs de parti, ministres, députés et même des juges de la Cour suprême.

L’inquiétude était forte que Yameen tente un coup de force avant la prise de pouvoir formelle d’Ibrahim Mohamed Solih, le président élu, prévue le 17 novembre. En 2013, Yameen était arrivé au pouvoir dans des circonstances très controversées, puisque le premier tour avait été annulé après la victoire du président sortant Mohamed Nasheed. Ce dernier, qui avait été le premier chef d’Etat élu démocratiquement après trois décennies de dictature, avait ensuite été condamné à treize ans de prison pour «terrorisme» avant de prendre le chemin de l’exil sous la pression de la communauté internationale.

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Peut-être que l’annonce du retour triomphal de Nasheed, prévu le 1ernovembre, dans la foulée de la libération de plusieurs prisonniers politiques, a poussé Yameen à tenter par tous les moyens de renverser la vapeur. Car l’homme est depuis des années soupçonné de détournement d’argent à grande échelle, et pourrait se retrouver très rapidement sous le coup de plusieurs enquêtes pour corruption. La chaîne Al Jazeera assure avoir reçu la preuve qu’il aurait reçu 1,5 million de dollars en cash juste avant le scrutin. Et en septembre, un consortium international de journalistes, Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP), révélait comment un petit cercle proche du pouvoir avait cédé des dizaines d’îles à de grosses entreprises du tourisme, détournant 80 millions de dollars au passage.

Ambitions chinoises

Ce changement de régime fait des vagues bien au-delà du petit archipel. Depuis cinq ans, la Chine avait avancé ses pions aux Maldives, prêtant des centaines de millions d’euros au gouvernement pour la construction d’infrastructures, obtenant des concessions sur des îles qui auraient pu, à terme, devenir une base arrière pour sa marine. Une incursion sur les plates-bandes de l’Inde, alliée historique de l’archipel – lors de l’instauration de l’état d’urgence, en février, Mohamed Nasheed avait même demandé à New Delhi d’intervenir militairement pour rétablir l’état de droit. Si le futur gouvernement maldivien devait annuler des contrats signés avec la Chine, comme l’a fait la Malaisie après la victoire de Mahathir Mohamad en mai dernier, les ambitions géopolitiques de Pékin subiraient un nouveau revers.

Les Maldiviens, eux, restaient encore optimistes mercredi soir. «L’ambiance est à la joie, raconte un habitant joint par messagerie. Seule agitation, chaque soir des partisans de Yameen manifestent devant le siège de son parti. Mais ils ne sont qu’une trentaine…»

Laurence Defranoux Read More




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