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18th of January 2018

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Trump visé par un déluge de condamnations après ses propos xénophobes

Le président américain Donald Trump à la Maison Blanche le 11 janvier 2018
Le président américain Donald Trump à la Maison Blanche le 11 janvier 2018 Photo SAUL LOEB. AFP «Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent aux Etats-Unis ?», aurait demandé le président lors d'une réunion à la Maison Blanche, en référence aux immigrés des pays d’Afrique, d'Haïti et du Salvador.

«Racistes», «abjects» et «blessants» : les propos de Donald Trump sur l’immigration en provenance de «pays de merde» ont provoqué un torrent d’indignation à travers le monde ces dernières heures, l'Afrique entière réclamant des excuses.

«Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde («shithole countries» en version originale) viennent ici ?», aurait demandé le président Trump lors d’une réunion à la Maison Blanche jeudi, selon le Washington Post, qui cite plusieurs sources anonymes. Selon elles, Donald Trump faisait référence à des pays d’Afrique ainsi qu’à Haïti et au Salvador, expliquant que les Etats-Unis devraient plutôt accueillir des ressortissants de la Norvège. «Pourquoi avons-nous besoin de plus d’Haïtiens ?», aurait encore demandé le président.

Condamnation unanime

D’une même voix, dans un langage d’une rare dureté, les 54 ambassadeurs du groupe africain à l’ONU ont exigé une «rétractation» au président américain, condamnant des «remarques scandaleuses, racistes et xénophobes». Ils se sont dit préoccupés par la tendance «grandissante» de l’administration Trump «à dénigrer le continent, et les gens de couleur».

Le Sénégal et le Bostwana ont convoqué chacun l’ambassadeur américain. Le gouvernement haïtien a lui dénoncé des propos «odieux et abjects» qui, s’ils étaient avérés, seraient à tous égards «inacceptables car ils reflèteraient une vision simpliste et raciste». Le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés a déploré des propos «racistes», «choquants et honteux». L’ancien vice-président démocrate Joe Biden a lui aussi donné de la voix. «Ce n’est pas comme cela qu’un président devrait parler et se comporter. Mais surtout, ce n’est pas comme cela qu’un président devrait penser». En Amérique latine, le président vénézuélien, Nicolas Maduro, a appelé à la solidarité avec les pays «agressés» par Donald Trump. Cuba a de son côté «condamné fermement» des déclarations «racistes, dénigrantes et grossières».

«Ce ne sont pas les mots utilisés»

Comme souvent, c’est via Twitter que le président américain a réagi à cette nouvelle polémique qu’il a lui-même suscitée et qui le met en difficulté au moment où il tente de trouver un compromis au Congrès sur le dossier sensible de l’immigration. «Le langage que j’ai utilisé lors de la réunion était dur mais ce ne sont pas les mots utilisés», a affirmé le milliardaire dans une formule alambiquée.

The language used by me at the DACA meeting was tough, but this was not the language used. What was really tough was the outlandish proposal made - a big setback for DACA!

— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) January 12, 2018

Quelques minutes plus tard, le sénateur démocrate Dick Durbin, présent lors de la réunion, assurait pourtant que le président avait bien utilisé «plusieurs fois» l’expression injurieuse. «Les mots utilisés par le président tels qu’ils m’ont été rapportés directement par ceux qui ont participé à la rencontre n’étaient pas "durs", ils étaient abjects et répugnants», a ajouté en écho le sénateur républicain Jeff Flake, un conservateur opposé à Donald Trump.

The words used by the President, as related to me directly following the meeting by those in attendance, were not “tough,” they were abhorrent and repulsive.

— Jeff Flake (@JeffFlake) January 12, 2018

Sollicitée jeudi soir sur ces propos, la Maison Blanche n’avait pas contesté ou démenti, se bornant à souligner que Donald Trump se battrait «toujours pour le peuple américain». Vendredi, le président a tenté de donner une version différente de ses propos. «Je n’ai jamais dit quelque chose d’insultant sur les Haïtiens outre le fait que, et c’est une évidence, Haïti était un pays très pauvre et en difficulté», a-t-il lancé.

Au coeur des débats, le statut des «Dreamers»

Dans un étrange télescopage, le président américain a signé vendredi en milieu de journée une déclaration en l’honneur de Martin Luther King, qui sera célébré à travers les Etats-Unis lundi, jour férié. Au cours d’une brève cérémonie, il a a loué «le rêve d’égalité, de liberté, de justice et de paix» du militant noir des droits civiques. Saluant un homme qui a «changé le cours de l’histoire», il a ignoré les questions qui lui ont été posées à l’issue de son allocution. Presque simultanément, à quelques kilomètres de là, le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson faisait l’éloge de la «diversité» et défendait les «valeurs américaines» lors d’un discours sur le «respect».

Au coeur des débats de la réunion désormais célèbre de jeudi à la Maison Blanche: la régularisation de centaines de milliers de clandestins arrivés jeunes aux Etats-Unis, connus sous le nom de «Dreamers» (Rêveurs), et dont le statut temporaire accordé sous Barack Obama a été supprimé en septembre. Trump exige aussi la suppression de la loterie annuelle de cartes vertes et une réforme de l’immigration légale pour réduire le rapprochement familial.

AFP Read More




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