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18th of January 2018

International



Le président populiste tchèque bien parti pour être mat ?

Milos Zeman durant une conférence de presse à Prague, le 6 novembre. Milos Zeman durant une conférence de presse à Prague, le 6 novembre. Photo Michal Cizek. AFP Ce vendredi et samedi, la République tchèque élit son président. Milos Zeman, le chef de l'Etat sortant, favori pour le premier tour, pourrait être battu lors du second.

Ce vendredi et ce samedi, les Tchèques vont aux urnes pour élire leur président. Neuf concurrents sont en lice. Milos Zeman, candidat à sa propre succession, est donné favori par les sondages. Malgré son refus de participer aux débats, il est presque assuré d’être présent au second tour. Le septuagénaire brigue un deuxième mandat après avoir gagné la première présidentielle organisée au suffrage universel direct en 2013.

Au fil des années, ce social-démocrate s’est transformé en nationaliste xénophobe, prorusse et eurosceptique. «Avec ses prises de position en faveur du Kremlin, il a relancé la question de l’orientation européenne de la République tchèque. Un débat que de nombreux citoyens croyaient définitivement épuisé depuis l’intégration à l’Otan en 1999 et à l’UE en 2004, rappelle Paul Bauer, chercheur à l’université Charles de Prague, spécialiste de l’Europe centrale. Milos Zeman a ramené le pays vingt ans en arrière.»

Discours de haine

Milos Zeman, qui se veut la voix des plus modestes, est connu pour ses déclarations controversées. Le 25 décembre 2015, il qualifiait d'«invasion organisée» l’actuelle vague migratoire, invitant les jeunes migrants de Syrie ou d’Irak à plutôt «prendre les armes» contre le groupe Etat islamique. Cette rhétorique antimigrants et antimusulmans fait mouche auprès d’une partie de l’électorat. Pourtant, la République tchèque a accueilli en tout et pour tout douze demandeurs d’asile via le système de quotas et ne compte que 5% d’étrangers, originaire majoritairement d’Europe centrale. Le pays connaît par ailleurs une croissance économique florissante. «Milos Zeman joue sur la carte des hommes ordinaires : je suis comme vous, je m’intéresse au travail quotidien, je ne suis pas un visionnaire, analyse Barbora Spalova, anthropologue à l’université Charles de Prague. C’est du populisme médiocre et ça fonctionne.»

Le suspense est réel pour le second tour, les 26 et 27 janvier. Diabétique, avec un fort penchant pour l’alcool et la cigarette, Milos Zeman est particulièrement diminué. Son principal rival est Jiri Drahos, 68 ans, ex-chef de l’Académie des sciences. Ce chimiste, centriste libéral, soutenu essentiellement par la population des grandes villes, affiche des convictions pro-européennes. Il estime que le pays doit avoir «un rôle plus actif dans l’UE». Selon un sondage réalisé en janvier, Jiri Drahos pourrait l’emporter au deuxième tour avec 48,5% contre 44% pour le président sortant.

«Je ne suis pas convaincue qu’il puisse gagner. Jusqu’à aujourd’hui, c’était un illustre inconnu et son programme reste flou», avance Barbora Spalova. Il n’est pas exclu qu’un autre concurrent crée la surprise. «Beaucoup d’électeurs vont exprimer un vote anti-Zeman, plus qu’une véritable adhésion à un candidat. Une partie des Tchèques jugent qu’il porte atteinte à la fonction présidentielle par ses propos choquants et vulgaires», assure Paul Bauer.

Poids politique décisif

Quel que soit le vainqueur de ces élections, le futur locataire du Château de Prague aura un poids politique décisif à jouer dans les semaines à venir. Il sera immédiatement confronté au problème de formation du gouvernement issu des élections législatives d’octobre 2017. Le nouveau Premier ministre Andrej Babis, a formé un cabinet d’experts qui n’a pas obtenu la confiance du Parlement, nécessaire à l’exercice de son mandat. En raison de soupçons de détournements de fonds européens, la majeure partie de la classe politique refuse de travailler avec ce milliardaire populiste, aux prises avec de multiples conflits d’intérêts, parfois étiqueté de «Trump tchèque».

Un nouveau vote des parlementaires devrait intervenir après la présidentielle. «Andrej Babis pense obtenir la confiance avec l’aide des communistes et de l’extrême droite. Une première dans le pays depuis la révolution de velours», souligne Paul Bauer. Si Milos Zeman a promis de donner une seconde chance au Premier ministre, la situation pourrait être tout autre si le pro-européen Jiri Drahos remportait la majorité des suffrages.

Marine Ernoult Read More




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