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18th of January 2018

International



«La migration est une chose naturelle» : dernier jour à bord de «l'Aquarius»

Sur «l'Aquarius», le 17 décembre. Sur «l'Aquarius», le 17 décembre. Photo Darrin Zammit Lupi. Reuters Jeudi 11 janvier

«Libération» a embarqué sur le bateau qui vient en aide aux migrants au large des côtes libyennes. Pendant trois semaines, une vingtaine de recrues de SOS Méditerranée et de Médecins sans frontières, ainsi qu’une dizaine de membres d’équipage, mènent des opérations de sauvetage en mer.

Retrouvez l’intégralité de notre journal à bord de l’Aquarius.

La rotation aura finalement duré vingt jours, durant lesquels près de 400 personnes ont pu arriver en Europe en vie. Mercredi, l’Aquarius a rejoint le port de Catane avec un jour d’avance. Jeudi, il a reçu la visite d’une actrice bien connue à «Nollywood» (le Hollywood nigérian), Stephanie Okereke Linus. La nationalité de la star de cinéma n’est pas anodine : sur les 17 000 passagers qu’a transportés le bateau en 2017, 20% venaient du Nigeria. Et la proportion est encore plus importante chez les femmes : sur les 2 000 secourues l’année dernière, 40% étaient nigérianes.

Beaucoup voyagent seules et risquent d’être victimes de trafic sexuel. Les Nigérianes seraient en outre particulièrement visées par les organisations criminelles, selon MSF : «D’après nos chiffres, la violence sexuelle, trafic sexuel compris, est l’un des abus les plus communément cités par les femmes et les filles nigérianes lors de leur trajet. Certaines cherchent à fuir des abus sexuels chez elles ou dans leur communauté, certaines sont violées ou agressées lors de leur dur voyage à travers de nombreux pays.»

«Les gens doivent être mieux informés»

La visite de l’actrice était l’occasion pour l’organisation de réunir quelques journalistes italiens dans le «refuge», décoré de dessins réalisés à bord par les migrants. L’objectif : faire prendre conscience aux personnes qui tentent le voyage des risques qu’elles prennent. Pas forcément pour dissuader, précise-t-on chez MSF, mais pour informer. «La migration est une chose naturelle, vous quittez votre village pour aller dans une grande ville et pour y chercher des opportunités, lance l’artiste. Il ne faut pas présenter la migration avec négativité. [Mais] personne ne devrait avoir à passer par là. Les gens ne savent pas [le danger qu’ils encourent]. Cela fait longtemps que c’est le cas, mais les gens doivent être mieux informés. Ce que je me demande, c’est "qu’est-ce que [les migrants] n’entendent pas dans ce message ?" Nous devons mieux le faire passer.» Stephanie Okereke Linus va passer une semaine en Sicile pour rencontrer des femmes dans cette situation.

Pendant ce temps, Tanguy, Baptiste, Charlie et Viviana, membres des équipes œuvrant sur l’Aquarius, repartiront en mer dès samedi pour tendre la main à ceux qui tentent, au péril de leur vie, le passage vers l’Europe. Bilal, Peer et Jean ont eux terminé leur mission. Dans les prochains jours, ils pourront se rendre à l’aéroport avec désinvolture, sans penser plus que cela à leur liberté de circulation, garantie en théorie par l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et en pratique par leur passeport européen. Pour Nfa, Sékou, Lionel, Bernard, Zobert et les autres, natifs de l’hémisphère sud, secourus au cours de notre voyage à bord du navire, c’est une tout autre histoire. Pourtant, comme le dit Lionel, étudiant en physique-chimie camerounais : «Nous aussi nous sommes à la recherche du bonheur et de la lumière.»

Kim Hullot-Guiot Read More




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