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14th of November 2018

International



Féminisation : un Congrès en progrès

Alexandria Ocasio-Cortez, gagnante du 14e dictrict de New York. Alexandria Ocasio-Cortez, gagnante du 14e dictrict de New York. Photo Rick Loomis. Getty Images. AFP La reprise de la Chambre des représentants par les démocrates mardi lors des élections américaines de mi-mandat a notamment été permise par la candidature et la victoire d’un nombre record de femmes. Elles incarnent qui plus est le renouvellement en termes d’âge, de diversité ou de ligne politique.

Deux ans après l’élection d’un Donald Trump qui se vantait «d’attraper les femmes par la chatte» et de les embrasser de force, deux ans après l’échec de Hillary Clinton à devenir la première présidente des Etats-Unis, les femmes ont fait la différence lors des élections de mi-mandat. Depuis la Women’s March au lendemain de l’investiture de Trump jusqu’à la confirmation du juge Kavanaugh à la Cour suprême, en passant par le mouvement #MeToo, l’indignation et la mobilisation des femmes ont défini l’agenda des démocrates.

Une stratégie en partie gagnante, puisqu’ils ont repris mardi la majorité à la Chambre des représentants, qui était intégralement renouvelée. A l’issue de ces midterms, vues comme un référendum de la présidence Trump, les républicains ont cependant renforcé leur majorité au Sénat, dont un tiers des sièges étaient remis en jeu.

«Jalons historiques»

Le résultat des élections de mardi est net : le 116e Congrès, qui siégera à partir du 3 janvier, n’a jamais été aussi féminisé. Selon la comptabilité provisoire du Center for American Women and Politics (CAWP) de l’université Rutgers, au moins 95 femmes ont été élues à la Chambre des représentants, quand le record s’établissait, après les élections de 2016, à 85. Ajoutées aux 22 sénatrices, ce sont 117 femmes qui siégeront au Congrès, battant le record (107) des Chambres sortantes. Le Cook Political Report annonce même plus de 100 femmes élues à la Chambre. Loin, bien loin devant les élections de 1992, alors surnommée «l’année de la femme».

Plusieurs Etats, comme l’Arizona ou le Tennessee, ont élu une femme pour la première fois au Sénat. La Pennsylvanie, qui ne comptait aucune représentante, y envoie quatre femmes. Et neuf ont été élues gouverneures, égalant le record de femmes servant aujourd’hui à ce poste. «C’est clairement une année marquante et symbolique pour les femmes en politique», avance Meena Bose, professeure de science politique à l’université Hofstra. Mais les Etats-Unis partent de loin. Avec moins de 20 % d’élues dans les Congrès précédents, le pays se place au 103e rang mondial en termes de parité, entre l’Indonésie et le Kirghizistan.

Parmi ces femmes démocrates, de nombreuses nouvelles têtes, souvent issues des minorités et défendant un programme plus à gauche que l’establishment, ont suscité l’enthousiasme des électeurs. Jean Sinzdak, directrice associée du CAWP, rappelle que ces midterms posent de nombreux «jalons historiques» pour les femmes. Elles voient l’arrivée à Washington de la plus jeune élue de l’histoire du Congrès (Alexandria Ocasio-Cortez, 29 ans), des deux premières musulmanes (Rashida Tlaib et Ilhan Omar) et des deux premières Amérindiennes (Sharice Davids et Debra Haaland). Le Texas y envoie même ses deux premières Latinas (Veronica Escobar et Sylvia Garcia). Elles ont su s’emparer de questions de société cruciales, comme l’assurance santé, le salaire minimum ou encore l’éducation publique. Pour Jean Sinzdak, «les femmes, et surtout les femmes de couleur, ont largement contribué à la victoire démocrate à la Chambre», puisque «la majorité des sièges raflés à des sortants républicains l’ont été par des femmes». C’est le cas notamment dans l’Iowa, dans le Minnesota et en Virginie.

Ironie du sort

Cet engagement des femmes dans la vie politique s’est également vu dans leur mobilisation. Selon les sondages de sortie d’urnes de CNN, les femmes ont plus voté que les hommes : 52 % des électeurs étaient des électrices. Le «gender gap», l’écart de vote entre les hommes et les femmes, est grand. Elles auraient voté à 59 % pour des démocrates (47 % chez les hommes), contre 40 % pour des républicains (51 % chez les hommes). Fidèles à leur vote traditionnel, les femmes noires auraient choisi à 92 % des candidat(e)s démocrates. Au regard des circonscriptions reprises par les démocrates à la Chambre, et comme anticipé par plusieurs études, ce sont les femmes de banlieue et diplômées du supérieur qui constitueraient l’électorat pivot de ces élections.

Dès novembre 2016, les femmes ont mené la charge. Dans le sillage de la Women’s March sont nées de nombreuses organisations et vocations. Les femmes sont en première ligne de toutes les manifestations (elles constituent 70 % des effectifs des mouvements progressistes Indivisible et Swing Left, nés en réponse à l’élection de Trump). Et les donatrices n’ont jamais été aussi généreuses envers des candidates démocrates : 159 millions de dollars (139 millions d’euros), selon le Center for Responsive Politics, plus de deux fois le montant de 2016.

Mais les droits des femmes ne sortent pas forcément vainqueurs de ces élections. Lors de consultations populaires menées dans le cadre de ces midterms, les électeurs de Virginie-Occidentale et d’Alabama ont approuvé de nouvelles restrictions dans l’accès à l’avortement, notamment de son financement, poussées par la frange évangélique du parti républicain. L’un des amendements votés mardi en Alabama va même changer la Constitution de l’Etat, affirmant la protection des «droits de l’enfant à naître» . Trois sénateurs républicains farouchement anti-avortement ont aussi été élus (Missouri, Indiana et Dakota du Nord) sur des sièges occupés par des démocrates. Au Sénat, qui a le dernier mot sur les nominations de juges, notamment à la Cour suprême, leurs voix seront cruciales. «Une bonne nuit pour la vie», s’est félicitée mardi la présidente de la Susan B. Anthony List, l’une des plus grosses organisations «pro-vie».

Ironie du sort, dans cette configuration de cohabitation au sein du Congrès, Trump devra, pour tenter de faire avancer son agenda législatif, composer avec une femme, Nancy Pelosi, si elle est réélue leader des démocrates. Contrairement à d’autres figures du parti, elle a jusqu’ici été plutôt épargnée par l’ire présidentielle ou par ses sobriquets sexistes et humiliants. Trump a même tweeté mercredi matin qu’elle «méritait d’être élue speaker de la Chambre». Pelosi, 78 ans et représentante de la Californie depuis 1987, est rompue aux arcanes de Washington, loin du profil des nouvelles élues du Congrès. Il n’empêche : ce sera bien une femme qui tiendra le marteau derrière Trump lors de son prochain discours sur l’Etat de l’Union.

Isabelle Hanne correspondante à New York Read More




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