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20th of July 2018

International



La Britannique contaminée au Novitchok est morte

Dans les jardins Reine Elizabeth, jeudi à Salisbury mercredi. Dans les jardins Reine Elizabeth, jeudi à Salisbury mercredi. Photo Chris J. Ratcliffe. AFP Huit jours après avoir été contaminée à l’agent innervant Novitchok et hospitalisée en urgence à l’hôpital de Salisbury, Dawn Sturgess est finalement morte dimanche soir. La police a ouvert une enquête pour meurtre, quatre mois après l'affaire Skripal et la contamination de l'ancien espion russe.

Alors que l’Angleterre a les yeux rivés sur le mondial de football en Russie et sur le parcours de sa sélection, les derniers rebondissements dans l’affaire du Novitchok ravivent les tensions entre Londres et la Moscou. Quatre mois après la contamination de Sergueï Skripal, un ex-espion russe, et de sa fille Ioulia à Salisbury, la mort de Dawn Sturgess plonge à nouveau la province du sud-ouest de l’Angleterre dans la tourmente. «La police a ouvert une enquête pour meurtre après que la femme exposée à l’agent Novitchok à Amesbury, dans le Wiltshire, est décédée dimanche 8 juillet au soir», a déclaré Scotland Yard.

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Agée de 44 ans, Dawn Sturgess habitait au foyer pour sans-abri de John Baker House à Salisbury. Avec son compagnon Charlie Rowley, également contaminé, elle aurait passé la soirée du vendredi 29 juillet dans les jardins Reine Elizabeth, non loin de l’endroit où Sergueï Skripal et sa fille avaient été retrouvés dans un état second. Au courant du passé de toxicomanes des quadragénaires, la police a d’abord cru à une overdose d’héroïne. Mais le laboratoire spécialisé de Porton Down a confirmé que le couple a bien été contaminé par le même type d’agent innervant, sans pouvoir dire si le poison provenait du même lot que celui utilisé contre les Skripal.

Queue de comète

Pour Olivier Lepick, chercheur associé à la Fondation pour la recherche scientifique, «tout semble indiquer qu’il s’agit là d’une queue de comète de l’affaire Skripal. Ces deux personnes auraient fréquenté, quelques heures avant leur contamination, le parc où on a découvert les Skripal il y a quatre mois».

En visite à Salisbury dimanche pour rassurer la population, le ministre de l’intérieur Sajid Javid a annoncé que le gouvernement britannique n’avait «pas pour projet actuel» d’imposer de nouvelles sanctions à la Russie. Une déclaration qui tranche avec ses propos tenus devant le Parlement jeudi. Il avait alors appelé l’Etat russe à s’expliquer : «Il est totalement inacceptable que nos citoyens soient des cibles délibérées ou accidentelles, qu’on déverse du poison dans nos rues, dans nos parcs, dans nos villes.»

Agent militarisé

Développé par l’URSS dans les années 70, le Novitchok a été créé en partie pour contourner l’interdiction des armes chimiques. Ce poison serait cinq à huit fois plus létal que le VX. La mort de Dawn Sturgess et la possibilité que des échantillons du poison se trouvent encore dans la nature ont déjà ravivé les doutes des habitants de Salisbury et d’Amesbury sur l’efficacité des grandes opérations de décontamination mises en œuvre par l’armée après l’affaire Skripal.

«Le fait que ce produit soit encore si efficace autant de temps après la contamination des Skripal confirme que l’agent a été militarisé, analyse Olivier Lepick. La poignée de la porte du domicile des Skripal aurait été enduite de poison sous forme de gel. Pour faire adhérer et persister ce type d’agent sur un support lisse comme du métal, il faut un savoir-faire extrêmement pointu. Cela confirme les hypothèses du gouvernement britannique, qui laisse penser que Moscou pourrait être derrière tout ça.» 

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Tandis que les secours tentent toujours d’identifier la source de l’empoisonnement de Dawn Sturgess et Charlie Rowley, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a dénoncé jeudi les «sales jeux politiques commencés par certaines forces à Londres» et a qualifié de «déconcertante» l’attitude britannique. «La Russie a proposé une enquête conjointe sur Salisbury dès le début, la proposition reste valable. Au lieu de coopérer, Londres préfère créer de la confusion et intimider ses propres citoyens», a tweeté de son côté l’ambassade à Londres.

Charles Delouche Read More




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