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Cinéma

1969 - L'Express va plus loin avec John Le Carré

Le grand écrivain britannique fait des confidences autobiographiques, politiques et littéraires, et établit son palmarès des grands espions de la guerre froide.

Dans L'Express du 21 avril 1969 

Trente-huit ans, blond et roux, anglais comme s'il jouait à le paraître, un étrange sourire qui ne disparaît jamais. John Le Carré détient un des records mondiaux de librairie. Son premier grand succès L'espion qui venait du froid, a révélé, en 1963, à plusieurs millions de lecteurs, l'univers glacé, tragique, où se meuvent ses héros : des anti-James Bond, en gabardine usée, nouant et dénouant quelque sombre intrigue entre l'Est et l'Ouest, broyés par une machine qui finit toujours par tourner trop vite. Avec Une petite ville en Allemagne, John Le Carré bondit de nouveau parmi les best-sellers partout où le livre est sorti. Insaisissable, il s'est laissé happer pendant quelques heures, à Genève, pour aller "plus loin" avec L'Express. 

L'Express : Votre premier espion, celui qui venait du froid, a atteint un record de ventes international. Combien d'exemplaires ? 

John Le Carré : Dix-sept millions, à peu près. Ce n'était pas mon premier livre. En fait, disons que c'est mon premier best-seller.  

Et le deuxième ? 

Il a moins bien marché : 12 millions d'exemplaires seulement. Le troisième, Une petite ville en Allemagne, vient de sortir.  

Et il est en ce moment parmi les best-sellers, en France et aux Etats-Unis.  

Il ne se porte pas trop mal, je ne sais pas exactement. Je suis en train d'en tirer un film.  

Pourquoi faites-vous votre carrière dans l'espionnage ? 

Pour moi, un écrivain est déjà une sorte d'espion. Dans un cas comme dans l'autre, on se situe en dehors du monde, et, en même temps, on en fait partie. Vous êtes compromis, mêlé à la foule, vous lui volez ses informations. N'est-on pas dépendant des gens que l'on abuse ? Vous savez, cette dépendance inéluctable, terrible, entre l'exploité et l'exploitant... L'espion ressemble à l'écrivain. Il vit en marge de la foule. C'est un illusionniste : il reconstruit son monde, son univers, à partir d'expériences fragmentaires. C'est cela, je pense, qui a fait de l'écrivain que je voulais être le spécialiste de l'espionnage que je suis devenu. 

Comment avez-vous choisi ce terrain ? Votre vie vous y avait-elle préparé ?  

Non. J'ai ressenti, assez tôt, vers la trentaine, la lassitude d'enseigner. A cette époque, j'étais professeur d'allemand à Eton. Je pensais, même si la chose est discutable, qu'il était mauvais que des gens reçoivent si tôt une instruction qui les prédispose aux privilèges. Qu'il était mauvais qu'ils s'habillent, qu'ils parlent différemment des autres. Qu'ils soient isolés du monde dont ils allaient être appelés à prendre les commandes. Qu'ils n'aient pas suffisamment de contacts humains. Moi, je n'appartenais pas du tout à ce milieu. J'étais d'origine beaucoup plus modeste. Eton, pour moi, c'était humiliant et fascinant. On s'attendait, là-bas, que je deviendrais progressivement citoyen d'Eton.  

Et pour échapper à ce monde clos, vous avez choisi la diplomatie ?  

Oui, j'avais l'impression qu'il me fallait voir ce qu'était le monde engagé, responsable. C'est un grand luxe, vous savez, de penser librement.  

Dans la diplomatie, on peut penser librement ?  

Vous n'avez jamais fait l'expérience de penser librement, tout en affirmant avec beaucoup d'assurance ce que vous ne pensez pas ? D'argumenter contre vos propres idées ? C'est passionnant. C'est l'expérience que donne la diplomatie. Je suis entré aux Affaires étrangères après le débarquement franco-anglais à Suez. C'était en 1956. Vous vous rappelez, Suez... et Budapest. Au moment où les parachutistes anglais sautaient au-dessus du canal, les chars russes envahissaient la Hongrie.  

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Les deux aventures, les deux opérations m'ont beaucoup frappé. J'ai voulu voir comment fonctionnait le pouvoir dans le désordre. Comment ce jeu compliqué, cet embrouillamini allaient se dénouer. Eton constituait déjà le premier maillon dans cette volonté de participer au pouvoir. Douze membres du gouvernement sortaient d'Eton, en 1956. C'était un premier pas dans la vie politique anglaise.  

Et vous pensez que le monde de la diplomatie est aussi froid, aussi fermé que celui de l'espionnage ?  

Oui, il existe aussi une comédie, une sorte de code du comportement dans le monde de la diplomatie. Etre un bon diplomate, c'est, par exemple, pouvoir réduire l'hystérie collective d'une guerre au fait d'accorder ou non une ridicule petite audience. La chorégraphie y est tellement raffinée qu'en refusant simplement de finir son assiette, dans un dîner officiel, on peut montrer son humeur. Ces règles rigides, parfaitement établies, faisaient ma joie. Comme celles, parfaitement codées aussi, de l'espionnage.  

Et puis, si vous voulez - c'est une confession - quelque chose de plus personnel a beaucoup compté dans mon choix d'écrire des livres d'espionnage : j'avais, et j'ai toujours profondément, l'impression de n'appartenir à aucun monde. Depuis ma toute première enfance. Mes parents se sont séparés quand j'étais très jeune. Mon père est parti pour Londres faire fortune. Et j'ai été élevé par mes grands-parents paternels. Avec l'impression d'être assis entre deux chaises. 

Quand j'ai rejoint mon père, quelques années après, et même plus tard quand je suis entré au Foreign Office, enfin quand je suis devenu écrivain, j'ai toujours eu cette curieuse sensation de n'appartenir à rien. Un peu comme un corps étranger, un agent de pénétration à l'intérieur d'institutions différentes. Bref, une pièce rapportée dans des univers toujours nouveaux.  

C'est cela un espion ?  

Oui. Il appartient à un monde fermé, à une caste particulière. Les espions, de quelque côté qu'ils soient, poursuivent les mêmes objectifs, emploient les mêmes moyens. Il y a entre eux des affinités professionnelles. Les médecins, les soldats, les pilotes ont, entre eux, des rapports réels. L'univers de l'espionnage n'est pas différent. Des deux côtés, à l'Est et à l'Ouest, ceux qui agissent le font avec un culte de la vocation très particulier. Ils visent un but ultime, confronté à des situations immédiates. Cette tension vers un objectif lointain les fait participer à une sorte d'élite. Et chacun des deux camps fascine l'autre.  

Ensuite, ils partagent des valeurs communes, et, surtout, une familiarité fatiguée avec la vie. Ils doivent résister aux influences financières ou idéologiques, ils font les mêmes cauchemars, ils vivent en papillons qui butinent d'affaire en affaire. Quelques années plus tard, ils se retrouvent brisés. 

Le temps passe vite pour les espions. Parfois, la jeunesse elle-même paraît d'abord un handicap. Puis devient un atout, et, bien vite, un objet de nostalgie. A 50 ans, on parle d'un homme au passé. Tout cela fait du monde des espions une société à part, non intégrée. C'est une société spéciale qui ne sollicite la confiance de personne autour d'elle.  

Dans cette communauté dont vous parlez, peut-on faire une sorte de classement des différents espions ? Y a-t-il un type particulier d'espion américain, français ou russe ?  

J'en doute. Un classement s'impose, mais la nationalité n'en est pas le critère. Il y a deux sortes d'espions : ceux qui agissent et ceux qui exercent le contrôle bureaucratique sur les agents d'exécution. Chacun des deux dépend de l'autre, mais ils se méprisent cordialement.  

Vous avez écrit que l'espion était le bras gauche de l'Etat. Ce qui veut dire ?  

Les espions sont très méfiants, très cyniques vis-à-vis des initiatives gouvernementales. Ils estiment qu'ils font ce que les gouvernements ne peuvent faire. Qu'ils réalisent ce qui est illégal, impossible, clandestin. Ça leur donne une bonne dose de scepticisme. Mais chez nous, à l'Ouest, illégitime ou pas, l'espion est aussi le bras de l'Etat libéral. C'est lui qui protège les individus contre le totalitarisme. Du moins, c'est la justification qu'il se donne pour recourir à des méthodes douteuses.  

La meilleure définition que je peux donner de notre mode de vie occidental est celle-ci : offrir le maximum de libertés avec le minimum d'organisation. Nous élevons l'individu au-dessus de la collectivité. Les nations de l'Est sont précisément à l'opposé de cette conception. Et dans l'exercice de cette détermination, de cette volonté occidentales, l'espion est justement celui que l'on peut sacrifier pour protéger les autres. L'individu que l'on accepte de liquider, à contrecoeur, pour sauvegarder la masse.  

C'est donc une sorte de héros, selon vous ?  

Oui, si vous voulez, il s'agit bien d'héroïsme. L'espion sait qu'il est sacrifié, il connaît d'avance sa triste condition. Il en a pris conscience, et, pourtant, il continue d'agir. Il assume une motivation essentielle des pays d'Europe : la préservation de l'élite, de la culture occidentale. 

Est-elle en danger ?  

Mes livres vous apparaissent-ils comme une mise en question de ces valeurs de l'Occident ? 

Une remise en question, pas exactement. L'expression d'une inquiétude, plutôt. Etes-vous inquiet ?  

Ce qui me paraît important, ce que je veux dire, c'est que les valeurs occidentales ne sont pas seulement attaquées, comme autrefois, de l'extérieur. Mais bien de l'intérieur même de notre culture. Dans notre bloc. De sorte que c'est un combat douteux que se livrent aujourd'hui les idéologies. Un combat entre ce que le monde occidental produit de pire, et ce que le monde de l'Est a de mieux. Cette certitude donne effectivement à mes personnages un sentiment d'inquiétude. A moi aussi. Cela dit, vous savez, je dois être sincère, et prendre mes distances vis-à-vis de la politique. Et surtout de la politique internationale. L'anxiété qui imprègne mes livres m'est peut-être tout à fait personnelle.  

Elle est personnelle dans un climat général.  

Elle est surtout due au monde angoissant qui, je le crois, est le nôtre. Aux relations entre l'individu et la société. Les hommes recherchent une place dans un monde qui évolue sans arrêt. D'où l'anxiété. Certains de mes héros refusent la nécessité de toute évolution. Nous avons connu, depuis la dernière guerre, une multitude de politiques de rechange, d'alliances contradictoires, qui s'imbriquent, se succèdent. C'est ce que l'Allemagne incarne à mes yeux. Les rêves n'y sont jamais devenus réalités. Tout y évolue sans cesse : l'antisémitisme y est devenu anticommunisme. L'anticommunisme de l'époque d'Adenauer a cédé le pas au nationalisme européen. Et le nationalisme européen est tombé sous la coupe de l'Alliance atlantique. Le moment où l'Histoire s'arrête n'existe pas. Le temps ne suspend pas son vol. Tout continue. Tout se tient. Les principes s'écroulent en même temps. C'est un univers qui m'angoisse.  

Et qui angoisse vos héros ? Léo Harting dans Une petite ville en Allemagne, c'est vous ?  

Léo Harting appartient aux nostalgiques de l'immédiat après-guerre. Il a cru, comme beaucoup d'entre nous, que l'on pouvait vraiment reconstruire Jérusalem en territoire allemand.  

C'est la raison pour laquelle tous vos romans se passent en Allemagne ?  

C'est aussi parce que j'ai reçu une éducation allemande. Je suis allé à l'école en Suisse, après la guerre, où j'ai lu et étudié l'allemand, la littérature et la philosophie surtout. J'ai fait mon service militaire en Autriche, et en Allemagne occupée. Quand je suis entré au Foreign Office, j'ai été en poste à l'ambassade anglaise de Bonn pendant deux ans, et à Hambourg, comme consul britannique pendant six mois. C'est à Hambourg que j'ai donné ma démission après le succès de L'espion qui venait du froid. 

Ces villes allemandes deviennent dans vos livres de véritables acteurs du drame. Qu'ont-elles de si particulier à vos yeux ?  

Les villes allemandes ont pour moi un halo mélodramatique. En Allemagne, je me sens à la fois stimulé et inquiété. J'y suis peu à mon aise, mal dans ma peau. C'est pourquoi j'ai choisi ce pays comme toile de fond de mes livres. C'est aussi parce que l'Allemagne exalte les problèmes de générations. La plupart d'entre nous, qui avions entre 10 et 15 ans en 1944, nous ressentons une sorte de gêne devant tout Allemand de 45 à 60 ans. Quoi que nous pensions de l'Allemagne moderne. C'est tout à fait inutile de nier ce sentiment. Je pense que la plupart d'entre nous, en marchant dans une ville allemande, nous sommes tous fascinés par les visages, les attitudes des gens : où étiez-vous en 1940, qu'avez-vous fait, qu'avez-vous vu ? qu'ont vu ces rues ?  

Mais il y a une autre raison à ma fascination pour l'Allemagne : on y a le sentiment d'une aspiration brute, brutale, non seulement d'un matérialisme glouton, mais aussi d'une quête spirituelle avide. Il y a, je crois, dans la vie allemande, une voracité qui surprend l'Anglais, qui le rend plus conscient de sa propre insécurité, même s'il est particulièrement optimiste. Les Allemands n'aiment pas mes livres. 

Pourquoi ?  

Justement parce qu'ils se passent en Allemagne. Et qu'ils ne pourraient pas se passer ailleurs. J'ai donné une interview à la Télévision allemande. J'ai, paraît-il, beaucoup choqué les téléspectateurs allemands en leur disant : regardez tous les articles de votre presse, tous les éditoriaux. Dès qu'un étudiant s'agite, dès qu'une université ferme ses portes, qu'une usine se met en grève, il y a toujours quelqu'un pour demander, l'angoisse au coeur : "Est-ce que 'ça' arrive une fois encore, est-ce que 'ça' recommence, Nuremberg et tout le reste? Notre démocratie est-elle en péril ?" Il y a un fantôme qui hante la vie de tous les Allemands. Je ne fais rien d'autre que de lui donner une forme, que de l'habiller. Pour le montrer. Voilà de quoi les Allemands ont peur. Si ce n'est pas de ce fantôme, de quoi d'autre ont-ils peur ? Quel est le cauchemar qui les habite ? Les journalistes qui m'interviewaient ne m'ont pas donné de réponse.  

La "contestation" des étudiants en Allemagne est-elle un moyen, selon vous, d'exorciser le fantôme ?  

Je peux comprendre la protestation, la révolte, le refus. Encore que je sois retenu par ma raison. Il n'y a aucun fait historique pour me convaincre que le résultat pourrait être positif. Je me sens en complète sympathie avec les étudiants de Columbia, avec les étudiants français. Par impulsion, je voudrais bien marcher avec eux. Mais, en termes d'efficacité, avec ma raison, je trouve toute cette agitation complètement stérile.  

Cela dit, en Allemagne, la forme que prend la contestation me paraît effroyablement dangereuse. Si dangereuse que c'est sur cette Apocalypse que finit Une petite ville en Allemagne. Sur une alliance, traditionnelle en Allemagne, entre les forces de changement, de protestation, et l'extrême-droite. C'est pour cette raison que les Allemands n'aiment pas mon livre. Ils l'auraient supporté si je n'y avais pas fait resurgir une terreur fondamentale, celle du fascisme. Celle de la gangrène. Ils veulent bien, à la rigueur, que des étudiants se révoltent, à condition qu'ils restent à gauche.  

Ce qu'ils ne sont pas ?  

Non, Ils sont infectés par le malaise de leur génération. Et vivent dans une Allemagne qui est toujours à la recherche de la grandeur. De la dignité, culturelle et politique. L'Allemagne a été le jouet de la politique mondiale depuis la guerre. Nous avons fait des promesses aux Allemands tout en leur faisant ressentir durement leur culpabilité. Nous les avons invités à entrer dans nos clubs de grandes puissances, mais sans leur donner pour autant la possibilité de prendre des décisions. Nous leur avons donné la liberté d'acheter les armes que nous leur fournissons, à condition qu'ils ne s'en servent pas. Pour les Allemands, c'est exaspérant. Le pouvoir corrompt, mais le manque de pouvoir corrompt absolument. C'est ma conviction. C'est pourquoi l'Allemagne, telle que je la vois, est le décor dramatique préféré de mes livres.  

Inquiétude, angoisse, anxiété, corruption... Votre monde fait peur. Et vos héros aussi. Pourquoi sont-ils toujours fatigués ?  

Parce qu'ils sont lucides. J'ai mis en scène, dans mon dernier livre, trois sortes d'hommes totalement désenchantés : Harting, Turner et Bradfield. Bradfield est l'aristocrate. L'homme d'élite. Qui a fait tellement de concessions aux choses que la lumière s'est étouffée en lui. Il y a Léo Harting, plus intransigeant, qui a fixé une limite aux concessions qu'il ne dépassera pas. Et, entre eux, il y a Turner, qui a un goût modéré et moderne de socialisme, et l'oeil corrosif, sans indulgence, de l'homme qui admet ses erreurs, et recherche à quoi il pourrait bien s'attacher. Cassé en deux entre ses sentiments et la nécessité de faire des compromis.  

Là est le dilemme de mes livres, et peut-être le mien. Dans la force explosive, la violence contenue d'un compromis nécessaire et difficile. Il n'y a pas de quoi être gai.  

Vous parlez des espions de fiction. Et les vrais ? Qui sont, d'après vous, les plus grands espions du XXe siècle ? Kim Philby, cet agent soviétique si bien en cour auprès de l'Establishment anglais ?  

Non, pas lui. N'importe quel Anglais avec son passé aurait pu faire la même chose que lui. La duplicité était dans sa tradition familiale : son père, Sir John Philby, était conseiller politique du roi Séoud d'Arabie. Il n'a jamais caché à son fils dans quel mépris il tenait ses supérieurs de Londres. Son loyalisme se bornait à la famille royale. Et encore, avec quelle arrogance...  

De son père, Kim Philby avait hérité les instincts d'un gentleman anglais un peu détraqué. Il était journaliste à l'Observer. Il était né et avait grandi dans l'Establishment. Il en copia sans aucun mal les attitudes. Et il en trompa, sans aucun mal aussi, tous les membres. Il n'y a rien de très malin, de très difficile là-dedans. N'importe qui, moi, ou quelqu'un d'autre, aurait pu être Kim Philby. Il y a encore de la place au Foreign Office pour des centaines d'autres Philby. C'est pourquoi je ne l'ai jamais considéré comme un grand espion. Mais plutôt comme un homme qui a le goût du sensationnel, qui rencontre un ennemi très faible, et le trahit sans cesse.  

Vous le méprisez ?  

Philby a touché violemment mon côté chauvin : n'importe quelle société libérale - celle dans laquelle je vis - est vulnérable. Elle peut être attaquée et pénétrée. Je préfère une société ouverte au fanatisme que trop bien protégée contre les fanatiques. Je veux que des Rudi Dutschke, des Cohn-Bendit puissent agir dans mon monde. Mais je ne veux pas leur donner toutes les chances de gagner. C'est pourquoi, s'ils venaient dans ma maison pour casser mes fenêtres, je serais du côté des banquiers genevois. Je serais furieux, je me battrais. 

Je ne suis pas un masochiste. Il y a du bon et solide capitaliste en moi. Et je refuse, je refuserai toujours d'offrir la société occidentale sur un plateau à quelqu'un. Pourquoi diable le ferais-je ? C'est pourquoi le cas Philby m'a plongé dans une colère noire. J'ai été furieux de voir la réaction des intellectuels progressistes anglais, qui en faisaient leur enfant chéri, alors qu'il les trahissait sans grand mérite. Et sans classe.  

Y a-t-il une grande différence entre Philby et les autres espions ? Y a-t-il de vrais espions, qui, selon vous, jouent le jeu d'espion ?  

Vous savez, je ne veux pas décerner des prix de morale. Mais simplement expliquer pourquoi Philby n'était pas, selon moi, le meilleur des espions. C'était un traître, c'est tout. Je pense qu'en termes techniques le meilleur des espions était Sorge, un Allemand qui opérait avant et pendant la guerre au Japon pour le compte des Soviétiques. C'était une mécanique superbe. Il s'était fabriqué une couverture, c'est-à-dire un personnage artificiel qu'il ne trahissait pas et qui était un prolongement de sa personnalité. Il écrivait dans la Frankfurter Zeitung ; le plus souvent il agissait lui-même, avec une mémoire exceptionnelle.  

Contrairement à Philby, il flirtait tout le temps avec le danger, parce qu'il recrutait de nouveaux agents. Et qu'il y a un moment, bien sûr, comme dans les relations sexuelles, où il faut abattre ses cartes. Où il faut dire à quelqu'un que l'on connaît à peine : "Voilà ce que je suis, voici ce qu'il faut que vous fassiez." Il nouait des contacts sans arrêt, et il avait réussi avec courage et astuce à quadriller le Japon d'une manière impressionnante.  

Par quelle méthode ?  

Il évoluait au milieu du monde aristocratique et libéral de l'élite japonaise, un peu blasée, désenchantée. L'aristocratie est d'ailleurs un terrain fertile pour les traîtres. Richard Sorge mentait tout le temps, sans jamais se couper. Il avait réussi à séduire ses compatriotes allemands de l'ambassade d'Allemagne au Japon, ce qui finit par lui ouvrir l'accès aux relations et aux dossiers. En somme, une personnalité énergique dans une communauté paresseuse.  

C'était l'homme des informations, des contacts. Ajoutez-y une mémoire prodigieuse et des connaissances politiques approfondies. Tout ce dont les fonctionnaires nazis en exil au Japon étaient privés. Il s'est mis carrément à travailler pour le compte de l'ambassade. Les conseillers firent de ce très bon journaliste le rédacteur des dépêches qu'ils expédiaient à Berlin. Le premier, il lisait les réponses renvoyées par le ministère des Affaires étrangères allemand à Tokyo. Très tôt, c'est probable, il a déchiffré le code nazi, puisqu'il voyait les "en clair" (le texte en toutes lettres) et leur retranscription codée, telle que l'interceptaient les Soviétiques. Il avait en même temps du positif et du négatif. Oui, c'était un bon espion. 

Et après Richard Sorge, Cicéron ?  

Non, je ne le pense pas. Il a été trop ambitieux, dès le début. Tout de suite, il a communiqué des informations considérables, qui l'ont "brûlé" en six mois. Il faut toujours être très modeste, au début. On doit y aller doucement, éduquer ses maîtres. Pas tout livrer en une seule fois. Pour pouvoir consolider la confiance, il est indispensable de distiller ses informations. Perdre du temps pour en gagner plus tard. Cicéron a été trop impatient.  

Vous pouvez en nommer un autre ?  

Gordon Lonsdale. Lui était un extraordinaire espion. Il opérait également pour le compte des Soviétiques en Angleterre, en 1950. Russe, il avait pris l'identité d'un Canadien disparu. Il avait obtenu ses papiers de la façon la plus simple du monde : en les demandant à l'ambassade canadienne à Paris, après avoir affirmé les avoir perdus en bourlinguant, depuis l'âge de 12 ans, aux quatre coins du monde. Ce sont les autorités canadiennes qui lui ont conféré officiellement la nationalité de leur pays et la personnalité d'un autre.  

Il est donc allé s'installer au Canada, où il a mené, pendant des années, l'existence d'un paisible homme d'affaires canadien. Sans prendre aucun contact, rien. Et puis, il est parti pour l'Angleterre. Il faut s'imaginer sa solitude, et la force morale nécessaire pour résister à son isolement. II n'était pas supérieurement intelligent, il ne recevait pas de véritables instructions. On lui conseillait simplement d'évoluer dans un monde financier un peu trouble, où l'on fait fortune très rapidement, aux limites de l'illégalité. Et de commencer à corrompre. Ce qu'il a fait, sciemment, méthodiquement, en corrupteur organisé.  

En trois ou quatre ans, il est arrivé à des résultats remarquables, en obtenant surtout des secrets sur la marine de guerre britannique. Il avait su attendre. C'est très important la patience, quand on est espion.  

A vos yeux, Sorge et Lonsdale, ce sont les deux meilleurs ?  

Oui, je le pense. Les plus capables, en tout cas, les plus efficaces. 

Quels étaient leurs mobiles, à votre sens ?  

Prenons trois exemples : Richard Sorge, marxiste sérieux, communiste fervent, travaillait pour un idéal. Mais il aimait le plaisir aussi, et l'aventure. Il avait également des traits de caractère purement fascistes, la violence, par exemple. A la fois homme de religion et homme de plaisir : l'espion parfait. 

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Lonsdale était beaucoup plus simple. Il avait deux attachements : la mère Russie, qu'il n'a pas vue souvent dans sa vie, mais il n'en était pas moins d'un nationalisme exacerbé. Et sa femme. Les Anglais n'ont jamais pu rien tirer de lui. Une fois mis en prison, il a simplement dit : "Vous m'avez eu, je n'ai rien à dire. Je veux retourner en Russie." Il n'a jamais ajouté un mot à cette déclaration. Il ne s'est jamais expliqué.  

Mais l'aspect le plus pathétique, le plus émouvant, le plus humain de sa personnalité, a été révélé par des lettres adressées à sa femme, mais non postées, qu'on a retrouvées dans ses affaires. Pour lui, sa femme était une sorte de mère vierge, à laquelle il racontait tout. Dans sa correspondance, on a pu voir à quel point l'image qu'il se faisait de l'U.R.S.S. était caricaturale : des champs de blé et des ballets russes. Cette Russie-là représentait pour lui un substitut simpliste d'idéologie, le moteur principal de son action.  

Et le troisième exemple ?  

Vladimir Petroff : un transfuge de l'ambassade soviétique à Canberra, en Australie, en 1953. Il était colonel de liaison dans les services secrets soviétiques. Sa femme appartenait également aux services de renseignement russes. Petroff occupait un rang dans la hiérarchie officielle de l'ambassade. Diplomate le jour, espion la nuit. Recrutant, cherchant des Australiens pour la cause soviétique.  

Mais je pense que, contrairement aux deux autres, il n'y avait pas un atome d'idéologie en lui. La technique représentait en elle-même une motivation suffisante. Il adorait le mécanisme même de son travail. Les lettres qu'il expédiait au Centre, à l'Office central d'espionnage de Moscou, étaient codées ; il les découpait, en envoyait une première moitié, par courrier. Il est finalement passé à l'Ouest, et nous possédons toutes les lettres que lui avait adressées le Centre de Moscou. Tout y était précisé : à quel angle de rue il devait se poster, où il devait trouver ses contacts, quelles questions il devait poser, quelles attitudes adopter. On a très profondément l'impression du rôle écrasant, autoritaire, que jouent les bureaux du Centre, dans l'existence d'un espion soviétique. Le Centre, c'est l'image du père. Et quand un agent se retourne contre lui, comme Petroff, il donne l'impression, presque psychanalytique, de tuer son père. Un adolescent qui s'insurge contre des parents qui l'ont trop couvé. Et qui est en proie à ce sentiment passionnant, exaltant, celui-là même qu'éprouve le transfuge lorsqu'il détruit en un instant tout ce qui l'a entouré, enveloppé jusqu'alors.  

C'est ainsi que vous vous expliquez les transfuges entre l'Est et l'Ouest, comme Petroff, ou entre l'Ouest et l'Est, comme MacLean ? Comment expliquez-vous qu'ils soient si nombreux ?  

Je pense que les espions ont le goût du sensationnel, qu'ils sont fascinés par les liaisons nouvelles, pour en revenir aux métaphores sexuelles. Ou par les situations dramatiques. Dans un tel monde, il y a toujours un moment où toutes les issues sont bouchées, où la seule carte à jouer est une frontière à franchir. Je pense aussi qu'un adversaire, quel qu'il soit, exerce sur vous une séduction presque irrésistible. Je l'ai senti lorsque, diplomate j'ai été confronté avec des fonctionnaires soviétiques. Les rapports qui s'établissent sont tellement opaques, tellement absurdes et troubles, que l'idée de séduire l'autre vient tout naturellement. Ou de sourire à la femme d'un diplomate soviétique à côté de qui vous êtes assis à un dîner. Les relations sont à ce point impossibles qu'elles en deviennent tentantes. 

Assez pour franchir l'infranchissable ?  

Pour en avoir parfois envie, oui. Il est possible également que, dans ce monde où l'on passe son temps à évaluer le prix de l'autre, les moyens de le faire changer de camp, on se mette brutalement à se poser des questions sur soi-même, à évaluer son propre prix. A se demander pourquoi on ne passerait pas dans l'autre camp. C'est cela l'attraction de la désertion.  

Vous avez cité trois motivations différentes à l'espion : l'idéologie, la psychologie et la technique. Vos héros n'en ont guère de semblables. Pourquoi ?  

Le monde de l'espionnage n'est pour moi qu'une extension du monde dans lequel je vis. Et c'est pourquoi je l'ai peuplé avec mes propres personnages. A la fin, je suis un romancier. Je fais acte d'imagination. Je raconte des histoires. Mes héros ont le sentiment profond d'être engagés dans un labyrinthe dont ils ne trouveront pas la porte de sortie. D'être attachés à des forces qui, tôt ou tard, les détruiront. C'est peut-être ma façon à moi de voir la vie, beaucoup trop pessimiste. Mais ce sont mes affaires.  

Comment expliquez-vous que vos personnages, assez différents des vrais espions, comme de ceux des romans d'espionnage classiques, aient eu autant de succès ? Comment expliquez-vous votre réussite ?  

Je pense que beaucoup d'auteurs de romans d'espionnage se forcent à décrire un monde qui est en dehors d'eux, un monde dans lequel ils ne pénètrent pas, qui est pour eux un mystère. Et ils l'approchent comme on le fait d'un bâtiment étrange. Moi, j'ai l'impression d'habiter le monde dont je parle. La communication qui s'établit entre mes lecteurs et moi passe une fois encore - vous allez dire que je suis définitivement sinistre - par l'anxiété, l'inquiétude. Si vous voulez, les lecteurs trouvent James Bond, l'agent 007 de lan Fleming, très séduisant. Ils aimeraient être comme lui, couverts de femmes, de champagne, de Ferrari. Tandis qu'ils pensent, au contraire, de mes héros, avec terreur : "Mon Dieu, ce pourrait être moi..." Ils se projettent sur 007. Et ils s'identifient à mes personnages traqués, fatigués, déçus.  

Plus profondément, je pense que notre image d'espions depuis la guerre, telle qu'elle a été présentée dans les romans, a été celle d'un monde positif, excitant, où l'on peut agir pour le bien, où les choses peuvent changer. En réalité, les espions sont des personnages tristes, qui, à un moment, ont fait un choix idéologique. Qui ont pris sur eux la responsabilité d'essayer de changer le monde. Et n'y sont pas parvenus. Ce qui fait que l'image de l'espion a changé avec mes livres : j'ai offert aux lecteurs une autre sorte de rêve, à base de ratage, et de frustration, d'attirance, d'amour impossible, beaucoup plus proche de la réalité.  

Vous parlez de vos millions de lecteurs comme si vous les connaissiez. Vous ont-ils écrit ?  

Oui. Je me rappelle les très bonnes réactions. Et aussi les plus mauvaises. Mais je suis sentimentalement touché par ceux de mes lecteurs pour qui j'apparais comme celui qui organise le chaos, qui le rend compréhensible. J'ai articulé leurs frustrations, donné un contenu à leur angoisse.  

C'étaient des lecteurs occidentaux. Vos livres ont-ils été traduits à l'Est ?  

J'ai fait une expérience malheureuse avec les Russes. La Literaturnaïa Gazeta m'a consacré six pages en octobre 1966 : mes livres, selon le journal, n'étaient qu'une entreprise de corruption idéologique, une des pires qui aient été imaginées par un subtil esprit occidental. Bref, ils ont tout de suite décelé en moi ce que je suis profondément : un social-démocrate. 

Si nous vous demandons ce qui fait écrire John Le Carré, c'est : organiser le chaos ?  

Ça et autre chose : la fascination que j'éprouve pour le caractère humain. Qui peut m'amener, sous peu, à sortir du monde de l'espionnage. Et à faire un roman, le prochain peut-être, qui sera radicalement différent des autres.  

Toujours avec la préoccupation d'en faire un best-seller ?  

Pourquoi pas ?  

Il n'y a pas dix ans, vous vous nommiez David Cornwell, et vous étiez un fonctionnaire. Aujourd'hui, vous êtes John Le Carré. Et mondialement connu. Avez-vous changé ?  

Pendant quelques mois, après le succès de L'espion qui venait du froid, j'ai pensé que je ne pourrais plus m'échapper, que j'étais définitivement lié, contre ma volonté, par celle des autres, à un livre qui était mort pour moi. Que je ne pourrais pas échapper à ce destin d'auteur à succès. Mais je crois y être arrivé.  

Est-ce possible ? Franchement ?  

A dire vrai, on est corrompu par le succès. Parce qu'on a désespérément envie d'être lu. Avant de savoir ce que c'était, je m'en fichais complètement. Je pense qu'on devient vulnérable. Non pas à la peur de ne pas "faire assez d'argent". Mais de ne pas être lu. Ou, du moins, pas autant. Si quelque chose a changé en moi, c'est ça. Quand un homme sait qu'il va être pendu le lendemain, il devient très lucide. Un auteur à succès vit dans la certitude qu'il va, lui aussi, être pendu sans tarder. 

C'est pour être lu que vous avez résolument adopté la forme d'écriture la plus traditionnelle ?  

Sur ce sujet, je me veux absolument conventionnel. J'ai été tenté d'écrire dans un style beaucoup plus "expérimental". Mais je m'en suis tenu à la forme narrative la plus ordinaire. C'est la différence entre l'art abstrait et l'art figuratif. Les peintures figuratives atteignent un public beaucoup plus important. Je veux établir entre mes lecteurs et moi la communication la plus large. Je demande, moi aussi, à un écrivain d'avoir la politesse de se faire comprendre. Si vous prenez, par exemple, un grand écrivain comme Balzac : son style est celui d'un gros chien mal élevé. Il est très facile à traduire. Ce qui est le premier critère d'une histoire efficace : vous pouvez lire Le Père Goriot en allemand ou en anglais, vous ne perdez rien.  

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J'ai l'impression qu'en ce moment, avec les styles "expérimentaux", ce qui est écrit perd un peu de sa force : d'autres moyens de communication, le cinéma, par exemple, deviennent plus importants. Je ne veux pas que des gens disent : "Le film n'est pas mal, je lirai le livre un jour si j'en ai le temps." Le monde de l'écriture doit s'adapter à cette évolution : je fais mes livres comme des films, en montant les séquences en coupant un plan par-ci, un plan par-là, en réduisant les 250 000 mots que j'écris d'abord en les 80 000 mots que je me décide à publier. Mais ma recette est la seule : si vous voulez écrire un best-seller, écrivez d'abord une bonne histoire.  

Vous avez gagné beaucoup d'argent en sept ans. Qu'est-ce que ça représente l'argent, pour vous ?  

La mobilité. Une certaine liberté. Mais ce n'est pas grand-chose. Je me comporte comme un enfant vis-à-vis de l'argent. Si votre livre est bon, vous ne pensez pas à ce qu'il vous rapporte. Et s'il est mauvais, l'argent n'est pas une consolation.  

Vous le trouvez donc sans importance...  

C'est même un danger. Pour écrire, j'ai besoin d'un certain manque de confort. D'une feuille de papier et d'un crayon. Je ne tiens à rien que je ne puisse enfermer dans une valise.  

Etes-vous heureux ?  

Je ne pense pas être particulièrement intéressé par le bonheur. Il ne se trouve pas dans l'art d'écrire, et j'aime écrire. 

Rien d'autre ne vous rend heureux ?  

Non. Je me veux romantique, et il est bien difficile, aujourd'hui, de concilier dans une même vie, dans une même paix, le tourbillon du succès et le gouffre du romantisme.  

Rien ne vous interdit de chercher l'échec. Espérez donc, monsieur Le Carré. Ce sera peut-être pour la prochaine fois. 

Tous droits réservés. 

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