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20th of July 2018

Sports



Mondial 1998 : Hollande, Obispo, Bentalha… où étaient-ils le 12 juillet ?

Gravé dans les mémoires. Si on vous demande où et avec qui vous avez fêté le titre de l’équipe de France le 12 juillet 1998, il y a fort à parier que ce doux souvenir vous revienne presque instantanément en mémoire. Et ce, de façon étonnement précise. Parce qu’il s’agit indéniablement d’un jour à part pour les Français. Même pour les plus célèbres d’entre eux.

François Hollande : «J’étais assis à côté d’Adriana Karembeu»-François Hollande, le 15 mai 2018. LP/Olivier Corsan

François Hollande, ancien président de la République

« Je suis arrivé au stade de France vers 20 heures, étonné par la fluidité de la circulation : tout le monde était devant sa télévision ou déjà au stade depuis longtemps !, raconte l’ancien chef de l’Etat, alors premier secrétaire du Parti socialiste. Je n’étais pas dans la tribune présidentielle, mais dans l’espace Familles, assis à côté d’Adriana Karembeu. Ségolène Royal (NDLR : sa compagne de l’époque), qui était alors ministre, était dans le carré présidentiel, et mes enfants étaient dispersés dans le stade.

L’ambiance était très chaleureuse. Le Brésil était favori mais dès le début du match, son équipe était fébrile et nous avons très vite eu le sentiment que la France allait gagner. A la mi-temps, à 2-0, on a même commencé à se dire qu’on allait assister à une victoire historique. Ensuite arrive le troisième but d’Emmanuel Petit et c’est l’explosion de joie, le stade et la France entière sont en liesse. Je suis resté assez longtemps dans le stade, pendant environ une heure après le coup de sifflet final. Je n’arrivais pas à sortir tant l’envie de fêter ça était forte, et l’ambiance enivrante.

J’ai finalement retrouvé mes enfants, nous voulions aller sur les Champs-Élysées mais il était devenu impossible d’y accéder. Pour ma génération, gagner la Coupe du monde paraissait un rêve inaccessible, c’était donc à la fois un bonheur sportif et une joie pour la France. Il révélait cette idée que notre pays pouvait s’unir autour de valeurs communes et partager un sentiment de fierté, même si cette union nationale s’est vite altérée. »

Line Renaud : «Quel délire de bonheur !»-Line Renaud, ici en mai 2016. LP/Frédéric Dugit

Line Renaud, chanteuse et comédienne

« J’étais au Stade de France dans la loge de Jean-Luc Lagardère avec beaucoup de ses amis et, mon Dieu, quelle émotion ! Quel délire de bonheur ! Au coup de sifflet final, tout le monde s’embrassait, notre drapeau flottait partout dans le stade… C’était magique de voir cette union nationale. Je ne suis pas experte en foot mais je remercie nos grands joueurs de m’avoir fait vivre un moment de joie et de grande fierté d’être française. »

Pascal Obispo : «Je chiale dans les bras de Barthez»-Pascal Obispo, le 28 janvier 2018. LP/Olivier Lejeune

Pascal Obispo, chanteur

« J’étais avec des potes au Stade de France. C’était une finale, on s’attend à du suspense, à un match équilibré, et, à peine assis, Zizou marque. Il y a une communion ! On embrasse des inconnus, c’est génial. Cela passe presque trop vite. Au coup de sifflet final, je me retrouve au bord du terrain. Fabien Barthez, avec qui je suis copain, m’aperçoit et me fait passer le cordon de sécurité. Sans accréditation, sans rien, je le rejoins sur l’herbe. Je chiale dans ses bras. Après, j’ai eu le privilège de retrouver les joueurs plus tard dans la soirée. Et après je ne me souviens plus (rires). Cette victoire et l’effet qu’elle a eu sur les Français - les gens avaient envie de se parler, de s’aimer -, on ne vit cela qu’une fois dans sa vie. »

Frédéric de Saint-Sernin : «Vous aimez alors vos voisins comme vos frères !»-Frédéric de Saint-Sernin, ici en 2007. LE PARISIEN

Frédéric de Saint-Sernin, ancien secrétaire d’État chargé de l’Aménagement du territoire (2004-2005) et ancien président du Stade rennais (2006-2010 et 2012-2014).

« J’ai 60 ans et je regarde du foot depuis 55 ans mais ce match-là était incroyable. Je travaillais à l’Élysée comme conseiller politique de Jacques Chirac et j’avais été invité au stade, en dehors de la tribune officielle. Je suis arrivé une heure avant le coup d’envoi. Il y avait des bruits sur une possible absence de Ronaldo… Je craignais beaucoup le début du match, car en face, on avait quand même le Brésil qui a une grosse expérience en finale depuis des décennies. Personne n’imaginait le 3 à 0 ! A la mi-temps, à 2-0, on se dit que c’est plié et que rien ne peut nous arriver, même si on ne fait pas encore la fête.

Finalement à la fin c’est la folie, je ressentais une gigantesque émotion en tant que supporter de foot. Avec quelques copains, on a décidé d’aller fêter ça sur les Champs-Élysées, mais c’était totalement spontané. D’habitude, dans Paris, les gens sont souvent fermés, ne se parlent pas mais là, tous les visages étaient éclairés. Vous aimez alors vos voisins comme vos frères ! Toute la France a gagné ce soir-là, même ceux - nombreux - qui ont regardé la finale sans être grand fan de foot. On est sorti du cadre du sport. Cette victoire a porté la France entière. Si on avait perdu, la souffrance aurait affecté uniquement les purs supporters. »

Bernard Tapie : «Le public a été génial»-Bernard Tapie. Christophe Hatilip

Bernard Tapie, ancien président de l’Olympique de Marseille, ancien ministre

« J’ai d’abord de cette finale un souvenir amer. Je n’étais pas en odeur de sainteté dans les instances du foot. Ils ne m’ont même pas invité au Stade de France. Mais je ne pouvais pas rater cet événement historique. Je l’ai regardé chez moi à Paris, en famille. L’absence de Laurent Blanc sur la feuille de match (NDLR : expulsé contre la Croatie en demi-finale), c’était une injustice monumentale. Laurent, c’était un mec exceptionnel, le seul à pouvoir faire une carrière de libéro dans le style de Beckenbauer !

Je suivais évidemment encore de plus près mes joueurs, ceux qui évoluent alors à l’OM (Blanc, Dugarry) ou qui étaient passés par le club (Barthez, Desailly, Boghossian). Il n’y avait pas que des héros sur la pelouse, certains étaient limites, mais c’était une équipe très complémentaire et puis il y avait Zidane. Pour moi l’un des trois meilleurs joueurs de l’histoire du foot français avec Kopa et Platini.

Le public a été génial, a poussé jusqu’au bout. Au coup de sifflet final, j’ai eu une énorme surprise. Dans la première interview qu’il donne après le match, on demande à Didier Deschamps à quoi il doit la victoire et là, j’entends : Cette Coupe, on la doit à Tapie. C’est à l’OM qu’on a pris une mentalité de gagnants… C’est, pour moi, l’un des faits marquants de cette soirée du 12 juillet 1998. »

Marie-George Buffet : «J’étais prise par l’émotion et ne voulais pas craquer en public»-Marie-Georges Buffet, ici en juin 2017. LP/R.C.

Marie-George Buffet, ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports (1997-2002)

« Au début du match l’ambiance était un peu timide, puis le soutien est monté petit à petit. Un peu comme pour l’ensemble de la Coupe du monde : l’équipe de France a d’abord eu du mal à créer un enthousiasme populaire large puis la France s’est prise d’amour et de ferveur pour son équipe. J’ai vécu la finale avec anxiété et espoir, j’avais confiance dans l’équipe mais c’était quand même le Brésil en face !

J’étais en tribune officielle avec les autres membres du gouvernement, mais dans ces moments-là, on réagit en tant qu’individu et supporter, la tribune perd son aspect sérieux. Quand je revois les photos de cette tribune, certains semblent pris par la tension et l’émotion ! Jusqu’au bout on attend la victoire et on y croit de plus en plus, puis ça a été énormément de joie et de bonheur. Quelques minutes avant le coup de sifflet final, j’ai eu un réflexe idiot : j’ai quitté la tribune et me suis réfugiée à l’intérieur du stade car j’étais prise par l’émotion et ne voulais pas craquer en public.

Je suis ensuite revenue pour la remise des médailles et de la Coupe. L’équipe de France donnait à voir tous les talents et reflétait la nation tout entière, avec les différentes origines ou couleurs de peau. Quand je suis enfin repartie chez moi en voiture, je voyais toutes ces personnes qui descendaient dans la rue avec des drapeaux. C’était extraordinaire. »

Christophe Dechavanne : «Un moment de liesse, comme je n’en ai jamais vu d’autres dans ma vie»-Christophe Dechavanne, ici en décembre 2016. LP/Frédéric DUGIT

Christophe Dechavanne, animateur de TF1

« Je ne suis pas hyperfan de football mais le 12 juillet 1998 j’étais assis dans le Stade de France avec mon ami Olivier Delacroix qui, lui, est absolument incollable sur ce sport. On avait des places de grands privilégiés et on était comme des oufs en arrivant au stade. Et l’ambiance est montée, montée, montée, devenant aussi folle que le match ! A la fin, on était dans un état de grande, grande festivité.

Après le match, je me souviens avoir croisé dans un couloir Bernie Ecclestone, le grand patron de la Formule 1, que j’admire beaucoup. Et dans l’euphorie je me suis dit que je devais lui parler. Lui, il n’était pas tellement festif, et j’ai vite senti qu’il n’en avait rien à foutre de ce que je lui disais !

Quelques minutes plus tard, en rentrant du Stade de France à moto, le périphérique était complètement bouché. Les gens klaxonnaient en chantant On est champion ! En passant, j’ai attrapé un petit drapeau tricolore de quelqu’un qui était sur son toit et qui en avait plusieurs. Je l’ai gardé pendant très, très longtemps dans mon bureau, en souvenir de ce moment de liesse, comme je n’en ai jamais vu d’autres dans ma vie. »

Manuel Valls : «Au 3e but, le fils du président brésilien a quitté la tribune»-Manuel Valls, ici le 10 avril dernier. LP/Arnaud Dumontier

Manuel Valls, ancien Premier ministre

« Je suis arrivé au stade vers 18h30 avec Lionel Jospin, pour visiter les installations et organiser une interview sur TF1 (en 1998, Manuel Valls, alors conseiller presse de Jospin, Premier ministre). Pendant le match, j’étais installé en tribune officielle, quatre ou cinq rangs derrière Jacques Chirac et Lionel Jospin. J’étais assis entre le fils du président brésilien Cardoso et l’acteur américain Gregory Peck, qui était là en tant qu’ami du président Chirac. D’habitude en tribune officielle, vous ne vous lâchez pas totalement mais ce soir-là l’aspect un peu compassé a tout de suite cédé la place à l’émotion. La première mi-temps a été extraordinaire.

A la mi-temps, on avait le sentiment très puissant qu’on allait gagner. Au 3e but, le fils du président brésilien a même quitté la tribune ! De notre côté, on a profité de chaque seconde, c’était un moment exceptionnel. On a eu le sentiment de participer à l’Histoire. Tout le monde se congratulait. Je suis un grand supporter de foot mais au fil du match, je pense que j’ai davantage vibré comme Français. Il s’est passé quelque chose ce soir-là : c’était à la fois un exploit sportif mais on avait aussi un sentiment encore plus fort d’union nationale. J’ai prolongé la soirée avec quelques amis sur les Champs-Élysées. Je n’étais pas du tout connu à l’époque donc j’étais là en tant que simple supporter, anonyme parmi les anonymes. »

Malik Bentalha : «On est allés klaxonner à Avignon»-Malik Bentalha, ici en 2014. LP/Frédéric Dugit

Malik Bentalha, humoriste et acteur

« J’avais 9 ans à l’été 98, se souvient l’humoriste et acteur, actuellement à l’affiche de Taxi 5. A l’époque, j’avais seulement le droit de regarder la première mi-temps des matchs de foot et après, je devais aller me coucher. Mais pour le Mondial, mes parents m’ont autorisé à voir les matchs en entier. La finale, je l’ai regardée avec eux, chez nous, dans le Gard. Je me souviens des cris des voisins quand il y avait des actions ratées. On respirait tous le foot.

Moi, j’avais une petite trompette d’enfant et, quand la France a ouvert le score, j’ai soufflé dedans à la fenêtre. Les scénarios de chaque match avaient été dantesques, mais le soir du 12 juillet, le clou du spectacle, ça a été le doublé de Zidane. Après la victoire, j’ai saoulé mes parents et on a pris la voiture pour aller klaxonner dans les rues d’Avignon. L’euphorie a duré quelques mois… Taxi était sorti au cinéma en avril 98. Vingt ans plus tard, on a Taxi 5 alors la Coupe, faut qu’on la ramène à nouveau ! »

Alexandre Bompard : «Une soirée de rêve avec les Verts»-Alexandre Bompard, ici le 21 janvier dernier. LP/Frédéric Dugit

Alexandre Bompard, PDG de Carrefour et ex-patron des sports de Canal +

« Je suis né à Saint-Etienne à 200 mètres du stade Geoffroy-Guichard », explique-t-il. En 1998, le jeune Stéphanois de 25 ans, est élève à l’Ena mais passe son temps entre Strasbourg et sa ville natale, où son père a racheté l’année précédente l’AS Saint-Etienne, alors au bord du gouffre. Avec ses compagnons de promo de l’Ena, il assiste au Stade de France au quart de finale contre l’Italie puis à la demi-finale contre la Croatie. « Après les deux buts magiques de Thuram, il ne pouvait plus rien nous arriver », dit-il.

Cette soirée du 12 juillet, il la passe à Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire), où les Verts sont en stage. « Après l’entraînement, j’ai regardé le match à la télé avec les joueurs. Ils étaient tous là, Alonzo, Potillon, Janot, Ferhaoui… c’était passionnant de suivre la rencontre avec ce groupe, mélange de jeunes loups et de vieux briscards, dont certains avaient côtoyé des joueurs de l’équipe de France. On a eu le sentiment étrange d’assister à un match-exhibition. Cela n’a rien enlevé à notre victoire, au contraire. Elle en a été que plus festive. Ce fut une soirée de rêve. » Le jeune énarque aura l’occasion de croiser, plus tard, ses héros de 1998.

« Au-delà de tout ce que l’on a dit sur la génération black-blanc-beur, c’était une équipe de France faite de personnalités extrêmement riches comme l’avait été avant eux la génération de 1982. Plus tard, lorsque je suis entré à Canal +, j’ai embauché comme consultants Zidane, Lizarazu, Dugarry, Desailly et Didier Deschamps. »

Jean-Michel Bazire : «Un jour de liesse nationale»-Jean-Michel Bazire, ici en janvier 2015. AFP/Kenzo Tribouillard

Jean-Michel Bazire, Jockey/Driver de trotteurs surnommé le Zidane des courses

« Nous avons suivi le match chez un ami, Hervé Sionneau, qui habite en Indre-et-Loire. On a regardé ça et on a fait la fête, forcément. Je me souviens des buts, évidemment, mais ce qui m’a le plus marqué, c’est le chemin du retour. A chaque village que nous traversions pour rentrer à la maison, c’était la fête. Les gens étaient tous heureux. C’était un jour de liesse nationale. C’est ce que je retiens de cette finale de la Coupe du monde. »

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