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16th of October 2018

Sports



«Un bon surfeur est aussi bon techniquement qu’il sait lire l’océan»

Le surfeur panaméen Jean Carlos «Oli» Gonza lors de l'ISA World Surfing Games, en 2017 à Biarritz. Le surfeur panaméen Jean Carlos «Oli» Gonza lors de l'ISA World Surfing Games, en 2017 à Biarritz. Photo Franck Fife. AFP Frédéric Robin, ancien champion du monde espoirs en 1992 et surfeur professionnel, actuellement coach de l’équipe de France de surf, explique ce à quoi il faut faire attention sur les plages landaises ou devant sa télé.

Chaque week-end, Libération vous aide à regarder le sport à la télévision. Aujourd’hui le surf, à l’occasion de la manche française du championnat du monde actuellement à Hossegor (Landes), diffusés tous les jours à partir de 8 heures sur RMC Sport 3, si les conditions météo permettent la tenue des épreuves.

Une plage du sud-ouest de la France. 8 heures du matin, il ne fait pas très chaud, 15 degrés tout au plus. Au loin, deux types en combinaison noire. Nous, à marcher en parallèle des flots ; eux, l’océan droit devant, bientôt les pieds dedans. On les regarde affronter les vagues sur leur planche, s’y glisser, les dompter. Le mythe du surf en majesté, un mythe qu’on instruit de nos yeux. A la télévision, au-delà des documentaires sur cette pratique, esthétiques, accompagnés de musiques aériennes, on peut voir des compétitions de ce sport. Comme à Hossegor (Landes) cette semaine, de mardi jusqu’au 14 octobre, où se déroule le Pro France, neuvième manche de la World Surf League, à laquelle participeront sept Français, dont la star Jérémy Florès. 150 000 personnes pourraient assister à ces journées, qui verront des surfeurs s’affronter en duels, desquels sortiront vainqueurs ceux qui obtiendront le plus de points. Frédéric Robin, ancien champion du monde espoirs en 1992 et surfeur professionnel, actuellement coach de l’équipe de France de surf, explique ce à quoi il faut faire attention lorsqu’on sera sur les plages landaises ou devant sa télé.

Qu’est-ce une bonne vague ?

On peut définir une bonne vague quand elle a un fort potentiel pour marquer des points. C’est une vague plus grosse que les autres, qui déroule bien, qui permet de faire des manœuvres plus puissantes et à l’endroit le plus critique. Quand une bonne vague est prise, même quelqu’un qui n’y connaît rien le comprend car le surf d’excellence est spectaculaire.

Comment la choisir ?

Dans le surf, l’environnement bouge tout le temps. Il faut donc trouver «la» vague, c’est le plus important. Par exemple, si le vent est coopératif, qu’il est off-shore, c’est-à-dire qu’il va de la terre vers la mer, ça peut être la vague parfaite. En théorie, le meilleur surfeur du monde qui prend une «vague de merde» gagnera sûrement moins de points qu’un surfeur moins bon (tout est relatif) qui prend la bonne vague. Mais, de toute manière, un bon surfeur est aussi bon techniquement qu’il sait lire l’océan.

Qu’est-ce qui change dans chaque spot de compétition ?

Il y a deux grandes sortes de vagues. Les reef breaks, comme à Hawaï : elles cassent toutes au même endroit et elles déroulent de la même manière. Elles sont donc plus faciles à lire. Les beach breaks, quant à elles, comme en France, peuvent partir de la gauche comme de la droite, ne vont pas casser au même endroit. C’est plus compliqué. A Hossegor, il y a le gouf de Capbreton : la profondeur de l’eau est importante, puis brusquement il y a le plateau donc les vagues sont très creuses. Un bon surfeur, plus il est marin, plus il va sentir si la vague est bonne ou pourrie.

Pour les néophytes, les vagues en tubes sont les plus visuelles et les plus impressionnantes. Quelles places ont-elles pour les surfeurs en compétition ?

C’est spectaculaire, mais il n’y en a pas à chaque fois et tous les spots ne sont pas équivalents. A Tahiti, dans une bonne journée, toutes les vagues tubent. Mais quand il y a moins de tubes, il faut prédire la bonne vague, avoir le bon timing et réaliser la bonne combinaison. Celui qui réussit à tuber aura alors un maximum de points : on juge notamment le temps qu’il reste dedans mais aussi la profondeur de la vague.

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Quelles sont les autres figures marquantes ?

Il n’y a pas que les tubes : les aerials, quand le surfeur s’envole dans les airs et réalise des figures en haut de la vague, ça marque également beaucoup de points. D’ailleurs, le surf tend aujourd’hui vers l’aérien et il y a beaucoup de manœuvres, donc des prises de risque. Et en gros, plus un surfeur prend des risques, tout en parvenant à réaliser ses figures sans tomber, plus il gagne de points.

Prendre des risques pour marquer beaucoup de points ou assurer pour être sûr d’en marquer un minimum… Comment le surfeur trouve-t-il l’équilibre entre ces deux options ?

On ne tente jamais un air reverse dès le début. On pose d’abord des scores, avec vagues plus simples, puis on monte en difficulté. Un bon surfeur sait ce qu’il faut faire pour être quasi sûr d’obtenir un sept sur dix. Et ça dépend ensuite de son adversaire : quand on est dans l’eau, on entend les scores des juges, donc si on sait qu’on est en retard, on va tenter des choses plus difficiles.

Damien Dole Read More




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