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19th of July 2018

Sports



On ne naît pas bleu, on le devient

Hugo Lloris contre l'Uruguay samedi. Hugo Lloris contre l'Uruguay samedi. Photo AFP L’équipe de France a montré, avec sa victoire contre l’Uruguay, qu’elle n’était pas qu’un simple assemblage de joueurs.

Sur les traces de la naissance d’une équipe : les arrêts d’Hugo Lloris (enfin l’arrêt : celui de la 44e minute du quart de finale de Nijni Novgorod qui entérina le succès, 2-0, face à l’Uruguay vendredi), les séances vidéo, les larmes en plein match du défenseur adverse José Maria Gimenez, la vie de groupe et tutti quanti. Le moment est solennel : les Bleus ont une demi-finale mardi face à la Belgique et si ça se passe bien… Le vice-capitaine, Raphaël Varane, sur Lloris : «Quand j’ai vu le ballon passer sous mon nez à la 44e, j’ai cru qu’il terminerait au fond. [Lloris] a été très, très vif. Très agile. Et je vous rappelle qu’il se relève pour se jeter dans les pieds de [l’Uruguayen Diego] Godin derrière en plus, sinon… Sur le coup, tu as envie de lui dire merci et de le prendre dans les bras. Je vous entends parler à son propos de "sérénité", de "plénitude" mais je rappelle [aux journalistes] que vous disiez l’inverse avant la compétition. Hugo est à ce niveau depuis des années. Dans le foot, tu ne changes pas de stature en quelques semaines.»

Libellule

Le milieu tricolore Paul Pogba se tue à nous le dire depuis deux semaines : un footballeur de haut niveau est un résistant, le chien aboie mais la caravane passe. A la 17e minute du quart de finale de vendredi, Lloris a même failli avaler une libellule (russe) avant de la recracher : pas une vie de tout repos. Ce week-end, tout le jeu médiatique a tourné autour de la recherche du kilomètre zéro, comme s’il fallait dater un commencement marquant la frontière entre un demi-finaliste mondial et une équipe tombant (2-3) en mars en amical face à la sélection colombienne à Saint-Denis. «Il ne fallait pas tirer de conclusions du match de mars, a expliqué Varane. Rien n’a explosé.» La routine : une partie amicale entre deux tours de Ligue des champions focalisant les esprits des joueurs, une défaite et le public part au quart de tour.

La caravane passe, encore et encore. Olivier Giroud, ex-mal-aimé qui se pose désormais devant les micros avec la lenteur calculée de l’homme qui sait qu’on boira ses paroles : «Je ne sais pas quoi répondre à cette question. Je ne crois pas que l’on puisse dater la naissance de notre équipe sur un match ou sur un événement. Peut-être la constitution du groupe des 23 [partants pour le Mondial, le 16 mai], parce que l’ambiance est simple et authentique. Après, les choses se sont faites au fil de la compétition ; les matchs, le travail, les ajustements…» La vie d’une sélection : le débit d’une rivière là où la mélodramatisation médiatique voit des revirements et des pactes dans les chambres d’hôtel. La différence entre la vie et le cinéma.

D’accord : vu depuis Istra, la plupart des suiveurs aimeraient quand même savoir quand le sélectionneur a pris la décision de faire valser ses deux défenseurs latéraux ; Djibril Sidibé et Benjamin Mendy sacrifiés pour faire de la place à Benjamin Pavard et Lucas Hernandez, lesquels défendent comme des galeux. Interrogé là-dessus, l’entraîneur adjoint, Guy Stéphan, s’est montré ennuyé : «Ce n’est ni le moment [de le dire] ni le lieu.» Pavard justement, sur le désarroi (impressionnant vu des tribunes) dans lequel les Bleus ont plongé la palanquée de sélections sud-américaines (le Pérou et l’Argentine en plus de l’Uruguay) qu’ils ont croisées en Russie : «On analyse énormément les équipes que l’on rencontre, ainsi que les joueurs. Ça travaille H-24, ils sont toujours à bosser et ils viennent nous voir avec des petites astuces, des ateliers offensifs et défensifs, des points précis, des notes sur ceux qui sont forts en face…»

Guerre secrète

On s’est accroché pour demander au défenseur du VfB Stuttgart une illustration concrète : motus. Giroud : «Des meetings tactiques ont été installés au fil de la compétition. On sait ce que l’on va trouver sur le terrain. Ça nous donne beaucoup de clés.» Une guerre secrète : dans le même ordre d’idées, le staff tricolore a annulé les mises en place tactiques avant les matchs, à tel point que les confrères ne prennent même plus la peine d’aller espionner les entraînements.

Et dans un ordre d’idée différent, BeIn a exhumé une histoire : virée de quelques joueurs en boîte dans des véhicules à vitres teintées le surlendemain de France-Argentine avec l’accord du sélectionneur, retour turbulent à Istra et les mecs jouent avec les extincteurs, déclenchant l’intervention d’une police russe sur les dents et réveillant un Didier Deschamps de fort mauvaise humeur. L’heure de cette (petite) bacchanale ? Trois heures du matin. Autant dire qu’ils se sont couchés avec les poules. Loin de ces embardées dantesques et mythologiques qui cimentèrent ceux de 98.

Grégory Schneider Read More




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