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17th of November 2018

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En quête de spectacle, le Tour de France 2019 mise sur la très haute altitude

Infographie : le parcours du Tour de France 2019 Infographie : le parcours du Tour de France 2019 Julien Guillot Présentée à Paris ce jeudi, la prochaine édition de la Grande Boucle propose sept cols à plus de 2 000 mètres d'altitude et pourrait se courir sans capteurs de puissance mais avec davantage de bonifications. Trois nettes inflexions souhaitées par la direction de la course.

«Attention Philippe, le parapet !» Et Philippe Gilbert tombe à la renverse en pleine descente du col du Portet-d’Aspet. Comme tous les ans, la vidéo qui propose de revivre les meilleurs moments du dernier Tour en lever de rideau de la présentation du prochain ressemble à une collection de chutes. Logique : le montage se veut rythmé et spectaculaire, et puisque le spectacle vient trop rarement des passes d’armes entre adversaires sur la Grande Boucle, il faut bien aller chercher du côté de la mauvaise fortune. Les coureurs apprécieront.

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Sempiternel problème du cyclisme en général, la question du spectacle (ou plutôt de son absence) est particulièrement prégnante lors de la grand-messe de juillet : les enjeux sportifs et financiers et la participation des meilleurs coureurs du monde au meilleur de leur forme tendent à cadenasser l’ensemble de la course. Le constat étant sans appel, le tout est d’en trouver la cause. Au gré des années, le coupable change de visage. Il fut un temps, les oreillettes étaient la cause de tous les maux : en 2009, ASO (l’organisateur du Tour) les avait même interdites sur deux étapes, ce qui avait occasionné une grève du peloton sur la première et l’annulation de ladite interdiction sur la seconde.

Oui aux «bonifs», non aux capteurs de puissance ?

Depuis, le sujet est un peu passé au second plan au profit des SRM, les capteurs de puissance que tous les pros ont désormais sous les yeux, au milieu du guidon, et qui les informe en temps réel sur leur rythme cardiaque et leur puissance (les fameux watts), leur évitant ainsi de se mettre dans le rouge. Ce jeudi, à l’occasion de la présentation du parcours du Tour de France 2019, Christian Prudhomme a dit vouloir obtenir l’interdiction de ces appareils, largement accusés de tuer le spectacle en montagne en permettant aux coureurs de lisser leur effort au maximum. Dans la salle, les anciens pros ont applaudi, ceux toujours en activité grimacé.

Prudhomme dit aussi vouloir faire avancer l’idée d’une suppression des SRM (capteurs de puissance) en course. Il l’avait déjà dit, mais c’est la 1e fois qu’il en parle de façon aussi officielle #TDF2019

— Baptiste Bouthier (@B_Bouthier) 25 octobre 2018

Le patron du Tour a aussi soufflé qu’il souhaiterait augmenter les bonifications en temps accordées aux arrivées (10, 6 et 4 secondes pour les trois premiers) et lors des sprints bonus en cours d’étapes (3, 2, 1 secondes). Ironique retour de l’histoire, puisque les «bonifs», jadis généreuses (en minutes parfois) et distribuées par exemple en haut des cols, étaient pointées du doigt jusqu’à il n’y a pas si longtemps comme… des tueuses de spectacle, au point de disparaître sur le Tour en 2007. Revenues huit ans plus tard, les revoilà à la mode…

Dans le cas des bonifications comme dans celui des capteurs de puissance, néanmoins, ASO n’a pas la main : la décision en revient à la fédération internationale, l’UCI. Dont le président, David Lappartient, est un Français avec qui l’organisateur du Tour a de bonnes relations – l’édition 2018 a fait étape à Sarzeau, bourg du Morbihan dont Lappartient est maire depuis dix ans.

Renversement

En attendant l’issue de ce qui ne sont donc pour l’instant que des propositions, reste une vraie nouveauté – et un autre retournement de situation – figée dans le parcours de l’édition 2019, présenté au palais des Congrès de Paris. On se souvient avoir vu au même endroit, il y a trois ans, l’exploit d’un parcours du Tour (celui de 2016) où les Alpes étaient traversées sans mettre une seule roue à plus de 2 000 mètres d’altitude. Le Tour était alors au cœur de sa course effrénée d’inédit pour dynamiter son scénario : des arrivées au sommet jamais vues, des pourcentages à deux chiffres en pagaille, des pavés ou de courtes arrivées en bosse, des passages non-asphaltés…

En 2019, le renversement est total. Un parcours beaucoup plus sage et presque rétro, mais résolument haut perché : sept cols à plus de 2 000 mètres d’altitude à franchir – dont trois arrivées au sommet, ce qui est du jamais vu. Et trois, aussi, sur la seule 18e étape, entre Embrun et Valloire : Vars, Izoard puis Galibier, aux pentes pas trop difficiles. On est loin de la quête du mur assassin dans laquelle le Tour, imitant grossièrement le Giro et la Vuelta, s’était un peu perdue ces dernières années.

D’ailleurs, il y a seulement 4 villes/sites d’étape inédits sur ce #TDF2019. C’est de très, très loin un record au XXIe siècle (moyenne 2001-2018 : 9,8 villes/sites inédits par édition)

— Baptiste Bouthier (@B_Bouthier) 25 octobre 2018

Le spectacle, sera-t-il au rendez-vous ? Plutôt que de remettre en cause la récente diffusion en intégralité des étapes – qui, de fait, rallonge l’ennui puisque l’on ne s’embêtait jusqu’alors pas à diffuser la première centaine de kilomètres, souvent morne – ASO continue en tout cas de se triturer le cerveau pour trouver les coupables. Pas sûr que ceux-ci existent.

Baptiste Bouthier Read More




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