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16th of October 2018

Économie



UBS : le "banquier de Lucifer"

Il était directeur. « Je brassais 450 millions de dollars d’avoirs, et je n’étais pas au courant que c’était illégal ! » Bradley Birkenfeld, 53 ans, ancien banquier d’UBS qui a révélé une des plus colossales fraudes fiscales du monde, raconte ses « parties de chasse » à l’argent et règle ses comptes avec son ex-employeur. Actuellement à Paris pour le procès, il en profite pour promouvoir son livre « Le Banquier de Lucifer ».

Deux ans et demi en prison…

Aux États-Unis, dans les années 2000, il est chargé de trouver de riches Américains pour les inciter à cacher leur fortune chez UBS, afin de la soustraire au fisc.

En 2005, « un collègue me montre un document de trois pages… et je tombe des nues ». Le mémo interne explique que tout ce qu’il fait est illégal. Et qu’il tombera seul s’il se fait attraper… « Je suis parti. Je savais qu’on était dans une zone ni blanche, ni noire… mais pas que c’était illégal. Ni qu’on ne me soutiendrait pas », assure-t-il.

Il contacte le Département américain de la Justice… qui le poursuit, pour avoir participé aux actes qu’il dénonce. Calé dans le profond fauteuil d’un palace parisien, il estime avoir payé le prix fort – il a passé deux ans t demi en prison : « Le système bancaire suisse, c’est le diable. Moi, j’ai été le banquier de Lucifer et le seul à faire de la taule dans cette histoire », estime-t-il. Aucun de ses anciens clients, chefs, subordonnés ou collègues n’a en effet été en prison. Mais UBS est condamnée à payer 780 millions d’euros d’amende aux États-Unis… et à en finir avec le secret bancaire dans le pays.

… et un gros chèque pour lui

En parallèle, le fisc américain récupère la liste de ses clients véreux. Et là, pour Birkenfeld c’est le jackpot : il touche 104 millions de dollars de « commission » sur les milliards récupérés par les impôts grâce à ses informations « exceptionnelles à la fois par leur ampleur et leur étendue ». Les a-t-il dénoncés dans ce but ? « Non, jure-t-il. D’ailleurs, je l’ai fait en 2005, et la loi qui permet d’être “intéressé” date de 2006. »

Pour autant, Bradley Birkenfeld aime toujours l’argent : « J’ai adoré faire ce que je faisais. Mais maintenant, j’ai arrêté de travailler, je vends mon livre… et je veux que tous les pays reconnaissent qu’UBS est coupable. C’est l’opacité et pas l’argent, le problème. Parce que quand vous cachez l’argent, ça peut servir pour financer des dictatures, des armes, de la drogue… C’est pour ça que j’ai fait ça », détaille-t-il, arborant fièrement sa montre à 35 000 dollars – la même que dans Terminator 3.

Ce repenti tardif travaille désormais à la protection des lanceurs d’alerte : « Il faut [les] protéger en les payant, parce qu’ils ne retrouveront jamais de boulot », plaide-t-il. Il ne comprend pas que la France, qui a créé en 2016 un statut leur assurant une certaine immunité mais prohibant toute rémunération, ne récompense pas ces « héros ».

Celui qui est sans doute devenu le lanceur d’alerte le plus riche du monde poursuit son combat, et espère bien être appelé à témoigner contre UBS au procès, à Paris. Et si l’audience est reportée ? « Pas grave ! Je reviendrai », jure-t-il.

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