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17th of January 2018

Automobile



Alpine 110 (2018) VS Porsche 718 Cayman : le match

La Berlinette, c'est un peu la Johnny Hallyday de l'automobile et du sport mécanique français. Ses exploits sur les routes enneigées du Monte-Carlo ont fait rêver toute une génération au cœur brisé par l'absence de descendance. Plus de vingt ans d'espoirs enfin comblés ! Les fans de la première heure se réjouissent d'autant plus que la nouvelle Alpine A110 reprend le patronyme de son illustre aînée, mais aussi le style général. A priori, en misant sur la carte néo-rétro, Alpine joue la prudence. Elle use (et abuse même peut-être) de son charme latin.

Attendue, elle n'a pas le droit à l'erreur.

Sauf qu'à trop tirer sur la corde sensible, le risque de décevoir est immense. Ne dit-on pas que l'on ne se baigne jamais deux fois dans la même eau ? L'A110 se jette pourtant dans le grand bain ; reste à voir si elle sait nager. À L'Auto Journal, elle a beau avoir la cote, nous ne lui passerons rien. Depuis le temps qu'elle nous fait saliver, nous attendons un festin. La mise en bouche a été prometteuse. Maintenant, voyons chiffres en mains. Surtout qu'une autre - que nous aimons bien - l'attend au premier virage et ne lui passera rien : la Porsche 718 Cayman.

Moins puissante mais plus légère

"Oui, nous aurions pu concevoir une voiture plus puissante. Tirer 280 chou 300 ch du 1.8 T Ce n'est pas un problème, c'est ce qu'il développera dans la Mégane R.S. Mais cela aurait engendré des composants plus lourds et brisé l'équilibre poids/ puissance qui nous semble idéal. " David Twohig, l'ingénieur en chef Alpine, maintient son cap. 252 ch suffisent pour se faire plaisir. Inutile d'entretenir le doute : il a raison. Pour le motif simple qu'il évoque : l'A110 est effectivement un vrai poids plume. Alpine annonce cette version Première Édition à 1 103 kg "avec tous les fluides" - le modèle Pure descendra même à 1 080 kg - et, sur notre balance, le verdict est sans appel : 1 106 kg pleins faits ! Alors oui, la Porsche bombe le torse avec ses 300 ch, mais au fil des générations, elle est presque devenue un poids lourd : 1 391 kg sur la même balance, le même jour ! Au final, le rapport poids/puissance est en faveur de l'Alpine (4,3 contre 4,6).

Tellement plus vive et agile

À l'accélération, la 718 garde toutefois un léger avantage grâce à ses 60 Nm de couple supplémentaires (380 Nm contre 320) et atteint les 100 km/h avec 2 petits dixièmes d'avance (4,9 s contre 5,1 s) d'après notre chronomètre. Mais l 'A110 n'a pas dit son dernier mot : elle refait son retard au panneau des 1 000 m départ arrêté. Pourtant, la boîte robotisée PDK se révèle prompte et sensiblement plus réactive. D'ailleurs, en relance, la 718 reprend la main... d'un cheveu ! Toutefois, l'adage de Sir Colin Chapman "light i s right", que Jean Rédélé avait aussi fait sien, se vérifie une fois de plus. La légèreté de l'Alpine est un atout indéniable pour le comportement routier. Sur les petites routes de l'arrière-pays aixois, c'est un régal. L'A110 saute d'une épingle à l'autre avec une vitalité et une vivacité devenues (trop) rares sur les coupés sportifs. Elle avale les courbes rapides rivée au sol, avec une gourmandise, une précision et une facilité sidérantes. Oui, l 'A110 est à la fois agile, et même vive - ce n'est pas une propulsion pour rien ! - si vous passez en mode Track et que vous déconnectez complètement l'ESC (actions distinctes, voir encadré), mais elle reste facile. Sa direction incisive et légère participe à sa précision et accentue le plaisir de conduite. Joueuse mais pas piégeuse, elle affiche un bel équilibre et se révèle bien suspendue et très civilisée pour un usage routier moins sportif. Sa légèreté n'explique pas tout. Cette dextérité, elle la doit aussi à ses trains avant et arrière à double triangulation (voir L'AJ n° 997) qui contribuent à l'excellent compromis comportement/confort.

Une Porsche sonnée, mais pas KO.

Malgré son handicap de poids, la 718 fait parler la puissance. À l'oreille, même s'il s'agit aussi d'un modeste 4 cylindres, son 2.0 gronde plus ; il donne l'illusion d'une mécanique plus noble que le 1.8 TCe, lequel manque de coffre à haut régime. À 6 000 tr/mn, lorsque ce dernier atteint son maximum, le 2.0 de Stuttgart a encore de la réserve et donne de la voix jusqu'à 6 5 00 tr/mn. De plus, bien menée, la Porsche 718 Cayman n'est pas maladroite. Moins agile, ce n'est pas une enclume pour autant. Et certains préféreront même l'assurance dont elle fait preuve sur la route. Plus posée, elle a un côté plus rassurant. À vive allure, sa tenue de cap est plus stable et elle se montre moins sensible aux bruits d'air. Cette rigueur se retrouve au freinage, irréprochable. Non pas que l'A110 faiblisse. Au contraire. Comme elle a moins de poids à arrêter, elle n'est pas obligée de sortir l'artillerie lourde (disques de 320 mm contre 330 mm à l'avant et étrier simple contre 4 pistons à l'arrière). Néanmoins, elle se révèle plus vive et a besoin de quelques mètres de plus pour s'immobiliser.

Une ambiance moins luxueuse...

Je dois vous l'avouer : d'une part, je ne suis pas adepte du style néo-rétro. D'autre part, après l'avoir examinée sous toutes les coutures au Salon de Genève, l'habitacle de l'A110 ne m'emballait guère : plastiques pas toujours flatteurs, assemblages approximatifs, détails de finition à revoir... Le staff avait beau promettre que tout cela serait corrigé sur le modèle de série, je restais sceptique. Alpine, c'est tout de même Renault. Et Renault nous a habitués au meilleur... comme au pire ! Eh bien, je dois le reconnaître : en glissant mes fesses dans le baquet, j'ai été agréablement surprise. Ne nous emballons pas trop vite. Si vous avez déjà lu tout ce qui a été écrit sur l'A110, oui, certains plastiques durs déçoivent dans une auto de ce prix. Oui, Alpine aurait pu éviter de choisir des composants de Clio (commodos ou commandes de climatisation) et oui, l'ajustage n'est pas au niveau de la Porsche. Loin de là. Pour moi, le détail qui tue, c'est ce bruit de quincaillerie que font les palettes au volant au passage des rapports. Voilà pour le pire.

...mais sportive et plaisante

Mais l'Alpine a trouvé une parade : elle a du charme. Ce coup-là, elle n'est pas la première à le jouer. Mais ça marche ! Les inserts en cuir matelassé sur la contre-porte, le petit drapeau bleu blanc rouge, la plaque numérotée de cette version Première Édition, les compteurs numériques couleur avec un affichage variable selon le mode de conduite choisi ou encore l'écran tactile moderne et intuitif contribuent à faire oublier les défauts qui chagrinent.

Voyagez léger !

En revanche, à l'usage, l'absence totale de rangements est gênante. Dans leur chasse aux kilos, les ingénieurs ont décidé qu'une boîte à gants, des aumônières au dos des sièges pour y glisser quelques objets ou des bacs de contre-portes pesaient trop lourd. C'est peut-être pousser le bouchon un peu loin ? D'autant que les deux coffres à bagages ne sont pas bien grands : 95 d m3 à l'avant et 90 dm3 à l'arrière, avec une ouverture réduite pour ce dernier. Il faut voyager léger, très léger même. C'est l'esprit, vous me direz. N'empêche. Ce manque de sens pratique est lassant au quotidien. Il fait passer la Porsche, par ailleurs plus rigoureuse et soignée, pour la reine de l'astuce. Son coffre avant ultraprofond accueille sans mal un gros sac de voyage, sa pseudo-plage arrière permet de déposer une veste, le vide-poches dans l'accoudoir de poser son téléphone, la boîte à gants de ranger des petits objets. Il est possible, aussi, de glisser de grandes bouteilles d'eau dans les bacs situés sur les côtés derrière les sièges. Bref, pour les week-ends à deux, c'est mieux.

Un confort préservé

Malgré cela, il se dégage de l'habitacle de l'Alpine une modernité et une note plus chaleureuses. Les détails empruntés à Ferrari, comme le bouton rouge sur le volant, ou ceux de commande de boîte de vitesses font aussi leur petit effet. Du coup, la rigueur et la perfection de la 718 tournent à la froideur. Les sièges baquet de l'Alpine font d'elle une vraie bonne copine que l'on n'a pas envie de quitter ! De plus, comme écrit plus haut, ses suspensions à double triangulation préservent remarquablement le confort de suspension. La Porsche, tout aussi prévenante, le reste même avec une monte pneumatique supérieure. Et sa rigueur légendaire se retrouve dans une insonorisation plus soignée et une acoustique plus léchée.

Aussi chère mais plus généreuse

J'entends les esprits critiques : "58 500 € pour un 4 cylindres de 252 ch et des commodos de Clio, c'est abuser ! " ou bien : "Une Renault au prix d'une Porsche, ils sont fous ! " Ce n'est pas faux, mais... À 58 5 00 €, l'A110 propose un équipement ultracomplet. Elle ne joue pas les mesquines. Moins, en tout cas, que la Porsche. Il ne faut pas rêver : s'offrir une 718 Cayman sans passer par la case options est impossible. Il faut déjà ajouter la boîte PDK (2 8 50 €), puis les sièges baquets en cuir, la climatisation auto, le régulateur de vitesse, l'échappement sport, et j'en passe. De plus, sa puissance la pénalise fiscalement. La carte grise est plus chère (19 chevaux fiscaux contre 15) et son malus atteindra 3 360 € en 2018 contre "seulement" 860 € pour l'A110. En corollaire, l'Alpine promet d'être plus sobre. Engagement qu'elle honore face à une 718 qui figure aussi pourtant parmi les meilleures élèves de sa classe. Mais le poids plume de l 'Alpine contribue à sa faible consommation. Les conditions de cet essai ne nous ont pas permis de vérifier les promesses des constructeurs selon nos critères. Sans doute sont-ils tous les deux optimistes. Mais depuis quelque temps, ils jouent moins avec le feu et l'écart à l'avantage de l'Alpine devrait se confirmer.

Le verdict de l'Auto Journal

Victoire de l'Alpine A110Certes, elle n'a ni la rigueur, ni l'assurance, encore moins l'expérience de la 718 Cayman qui reste LA référence. Mais en jouant sur notre corde sensible, l'A110 nous a régalés par son comportement vif et enjoué ; elle nous a charmés par sa fraîcheur et ses clins d'œil à son aînée, la Berlinette, et nous a séduits par son confort et sa polyvalence, en nous faisant oublier son manque de sens pratique. En prime, elle reste moins chère et, surtout, bien moins gourmande.

Alpine A110 252 ch Première EditionLes plusComportement routier agileCompromis confort / efficacitéAmbiance pleine de charmeLes MoinsQuelques détails de finitionTenue de cap plus légèreAucun rangement à bord,Petits coffres

Porsche 718 Cayman 300 chLes plusComportement équilibré et rassurantQualité de finitionDirection préciseLes MoinsRapport Prix équipementConsommationMalus écolo

>> Fiche technique <<Alpine A110 252 ch Première Edition58 500 € - Malus écologique : 860 €Puissance : 252 ch à 6 000 tr/mnCouple : 320 Nm à 2 000 tr/mnPoids : 1 106 kgDe 0 à 100 km/h : 5,1 sReprise de 90 à 130 km/h en D : 4,8 sVitesse maxi : 250 km/hConsommation mixte : 6,1 l/100 km

>> Fiche technique <<Porsche 718 Cayman 300 ch55 040 € - Malus écologique : 3 360 €Puissance : 300 ch à 6 500 tr/mnCouple : 380 Nm de 1950 à 4 500 tr/mnPoids : 1 391 kgDe 0 à 100 km/h : 4,9 sReprise de 90 à 130 km/h en D : 4,5 sVitesse maxi : 275 km/hConsommation mixte : 6,9 l/100 km

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